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L’Europe des esprits ou la fascination de l’occulte, 1750-1950 
Séparation

Le sculpteur Nicolas de Leyde (vers 1430-1473) est considéré comme l’un des artistes les plus importants de la fin du XVe siècle au Nord des Alpes, auteur d’innovations décisives tant sur le plan formel qu’iconographique. La modernité de ses œuvres, marquées en particulier par sa capacité à saisir les physionomies, lui a valu de son vivant une notoriété exceptionnelle. Son rayonnement s’est surtout exercé dans le monde germanique, où il a influencé le développement des très célèbres sculpteurs que furent Veit Stoss, Michel Erhart ou Tilman Riemenschneider. Mais le nombre réduit des œuvres conservées et le peu de sources écrites, qui rendent difficile la connaissance de ses origines, de sa carrière et de son œuvre, expliquent que cet artiste soit quasiment inconnu du grand public.

Le parcours européen de Nicolas de Leyde comprend un séjour marquant à Strasbourg entre 1462 et 1467. Il y réalise plusieurs ensembles conséquents, en particulier l’épitaphe du chanoine de Bussnang dans la cathédrale (datée 1464 et signée), et surtout le portail de la Chancellerie de la ville, bâtiment aujourd’hui disparu mais dont il subsiste quelques fragments.

Cette première exposition monographique sur Nicolas de Leyde est réalisée en collaboration avec le musée du Liebieghaus Skulpturensammlung de Francfort (exposition du 27 octobre 2011 au 4 mars 2012). Elle présente une partie de l’œuvre sur bois et sur pierre de cet artiste, dont le musée de l’Œuvre Notre-Dame de Strasbourg conserve quatre bustes d’hommes en grès dont le très célèbre Homme accoudé mélancolique. Elle permet en particulier de juxtaposer pour la première fois depuis le XIXe siècle les deux fragments encore existants du décor du portail de la Chancellerie de Strasbourg, la Tête d’homme barbu du musée de Strasbourg et son pendant la Tête de jeune femme conservée au musée de Francfort.

L’exposition regroupe environ 70 œuvres de techniques et de supports variés provenant de collections publiques et privées européennes et américaines (Paris, Berlin, Amsterdam, New York et Chicago). Elle est présentée au sein même du musée de l’Œuvre Notre-Dame, musée du Moyen Âge et de la Renaissance, dont les espaces ont été réaménagés pour l’occasion.

COMMISSARIAT
Cécile Dupeux, conservatrice du Musée de l’Œuvre Notre-Dame
Roland Recht, membre de l’Institut, professeur au Collège de France
Stefan Roller, conservateur au Musée du Liebieghaus Skulpturensammlung de Francfort

SCENOGRAPHIE
Jérôme Habersetzer