Musées de Strasbourg
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Le sac de l’hôtel de Ville

Gravure de J. Hans

Le 21 juillet 1789
Gravure de J. Hans

Les troubles qui précèdent le déclenchement de la Révolution n’affectent pratiquement pas l’Alsace. L’installation de l’Assemblée Provinciale d’Alsace se déroule sans heurts (novembre-décembre 1787), elle ne débouche pas sur une « révolte » des notables. Le « Cahier des vœux du Tiers-Etat de la ville de Strasbourg » présente, à côté des revendications communes à tout le Royaume (constitution, vote de l’impôt, libertés individuelles) pas moins de 24 articles consacrés aux intérêts particuliers de l’Alsace, 26 autres au maintien, après aménagement, des privilèges reconnus à la ville en 1681 sans compter les 32 vœux évoquant la constitution de 1482 et les statuts des corporations. Les élections aux Etats Généraux (mars 1789) confirment « l’esprit » des Cahiers puisqu’elles désignent deux notables, l’ancien Ammeister Jean de Turckheim et Joseph de Schwendt. La modération des revendications, leur « archaïsme » ne reflètent pas fidèlement les aspirations profondes de l’opinion qui attend des changements rapides, or l’oligarchie en place, fidèle au cérémonial du Schwoertag, ne comprend pas ou refuse d’en admettre l’urgence.
L’annonce des désordres du 14 juillet 1789 enflamme les esprits excédés par la surcharge fiscale, la hausse des prix et, dans l’immédiat, par la lenteur des tractations entre le Magistrat et les délégués de la fraction libérale de la Bourgeoisie, sur les réformes à introduire dans le fonctionnement des institutions et dans l’administration. Les événements se précipitent. Malgré l’absence de documents précis, on a l’impression que les incidents, souvent violents mais immédiatement contenus, aient été voulus ou même provoqués par certains groupes désireux de reconsidérer le régime. Alors qu’un accord semble être intervenu le 20 juillet, de faux bruits, le 21 juillet, soulèvent la population (une minorité) qui saccage l’Hôtel de Ville installé dans l’actuelle Chambre de Commerce, place Gutenberg.
La gravure de J. Hans confirme dans les moindres détails le récit d’un spectateur, l’économiste anglais Arthur Young alors en séjour à Strasbourg. Le Magistrat siégeait quand une foule d’excités force les portes du bâtiment ; les échevins ont à peine le temps de quitter les lieux par l’arrière que le pillage commence. La troupe, en l’occurrence le régiment d’Alsace, prend position autour du bâtiment sans intervenir si ce n’est d’empêcher d’autres manifestants à se joindre aux premiers. Au bout de quelques heures, estimant qu’il y a des risques d’incendie, les soldats font évacuer les lieux et arrêtent quelques émeutiers.
Le baron de Dietrich, commissaire royal depuis quelques mois, le commandant Rochambeau (un des héros de la guerre d’Amérique) refusent de lancer la troupe contre les émeutiers. Ils ont peur de désordres plus graves. Le rétablissement de l’ordre passe donc par la chute du régime d’où la coupable passivité du 21 juillet. Le but est atteint puisque le Magistrat humilié, décide de démissionner en corps le 11 août. Une dernière fois le sénat, les Stettmeister, et l’Ammeister sont renouvelés selon le mode traditionnel en attendant la nouvelle loi sur l’administration municipale élaborée par l’Assemblée Nationale à la fin de 1789. L’engrenage infernal de la Révolution s’est mis en marche, il détruira bientôt ceux là même qui l’on déclenché.

Rouget de Lisle chantant la Marseillaise

 Tableau de Isidore Pils

Tableau de Isidore Pils
1849
Dépôt du Louvre

Les nombreux visiteurs français ou étrangers qui viennent spécialement au Musée Historique pour admirer le tableau de «Rouget de Lisle chantant la Marseillaise», confirment la force d’attraction que peuvent avoir certaines créations artistiques même (et surtout) si elles n’ont que peu de rapport avec la réalité : le mythe l’emporte sur la vérité.
Isodore-Alexandre-Augustin Pils expose cette toile au Salon des Beaux-Arts de Paris en 1849, au moment où la révolution de 1848 remet à l’honneur la Marseillaise comme chant national. La scène se passe dans le salon du maire de Strasbourg, le baron de Dietrich (élu en février 1790). Devant un parterre d’invités et le maire, accompagné au clavecin par Madame de Dietrich, Rouget de Lisle, dans un geste théâtral, entonne le chant qu’il a griffonné sur un bout de papier.
La réalité est un peu différente. En 1792, la Révolution est dans une impasse, les uns la considérant comme terminée (c’est le cas du maire), les autres désirant la poursuivre, l’approfondir afin d’empêcher le retour de ceux qui la rejettent depuis le début. Selon un schéma bien connu, c’est à l’extérieur que tous les antagonistes cherchent la solution à leurs problèmes. L’affaire des « princes possessionnés » en Alsace, la concentration des émigrés le long du Rhin, servent de prétexte à déclarer la guerre le 20 avril 1792 au «roi de Bohême et de Hongrie», c’est-à-dire à
François II, empereur du Saint Empire. Les modérés, qui veulent la guerre pour éliminer les jacobins, sont conscients de l’impréparation de l’armée à laquelle il est nécessaire d’insuffler un idéal. A Strasbourg la fièvre monte, l’ambiance est à l’exaltation.
Depuis le départ des émigrés, la haute bourgeoisie libérale et éclairée, en dehors des clubs, a ouvert ses salons. Celui du maire de Dietrich reçoit régulièrement, place Broglie (à l’emplacement de l’actuelle Banque de France) des militaires (Kléber, Rouget de Lisle), des hommes d’affaires (le banquier Pasquay…), des professeurs, des artistes (le musicien Ignace Pleyel). Dans la correspondance avec son frère, magistrat à Bâle, Madame de Dietrich raconte avec précision le déroulement de la célèbre soirée du 25 au 26 avril 1792.
Le maire a commandé au capitaine du génie, Rouget de Lisle, un chant de circonstance pour l’armée du Rhin. Poète et compositeur à ses heures, Rouget de Lisle apporte un texte avec la musique. Bon ténor, de Dietrich chante le morceau. Sa femme, le lendemain, arrange la partition pour le clavecin et d’autres instruments, peut-être a-t-elle été aidée par Ignace Pleyel, musicien de grand talent ?
Le 7 juillet 1792 les «Affiches de Strasbourg» publient les strophes et la musique dédiées à l’ «Armée du Rhin» et au maréchal de Luckner, son commandant. Séduits par cet hymne et les paroles, les soldats s’en emparent rapidement. La transformation en «Marseillaise» est le fait de volontaires marseillais qui la chantent en allant rejoindre leurs positions dans le Nord de la France.

Nécessaire de campagne du Général Kléber en Egypte

Nécessaire de campagne du Général Kléber en Egypte

Très différent de Kellermann est Jean Baptiste Kléber, né à Strasbourg en mars 1753. Issu d’une famille très modeste (son père est un simple maçon) Kléber réussit à faire de bonnes études secondaires grâce à son beau-père, entrepreneur auprès du Cardinal de Rohan. Au cours d’un séjour de deux ans à Paris, dans les bureaux de l’architecte Chalgrin, Kléber s’initie à l’architecture. Et pourtant cette voie ne semble lui convenir. Contre l’avis de ses parents, il entre à l’école militaire de Munich, puis s’engage dans les troupes de l’Autrichien de Kaunitz (1777). Désespérant de monter en grade, faute d’être noble, il retourne en Alsace où l’Intendant lui confie la charge d’architecte à Belfort, à Thann et dans le Sundgau (1785-1789). Il accomplit sa tâche correctement mais sans beaucoup d’enthousiasme.
C’est la Révolution qui lui permet de « s’accomplir ». Engagé en qualité de simple soldat dans le bataillon des « volontaires » du Haut-Rhin en 1792, il gagne facilement ses galons surtout après son héroïque résistance à Mayence. Général de Brigade en 1793, il se distingue dans la guerre de Vendée. Dur avec les ennemis de la République, il ne cache pas son désaccord quant aux méthodes expéditives de la terreur. Général de Division à Fleurus (1794), il accumule les actions d’éclat en 1795-1796. Le Directoire le met en disponibilité.
Le goût de l ‘aventure, l’inaction qui lui pèse l’entraîne dans l’expédition d’Egypte de Bonaparte. L’Egypte révèle le meilleur de lui-même et forge sa légende. Sa contribution dans les victoires d’El-Arich, de Gaza, de Jaffa et du Mont-Thabor ne l’empêche pas de dire ce qu’il pense à Bonaparte d’une expédition maintenant bien compromise. Malgré son pessimisme et l’impression d’avoir été trompé par Bonaparte, il prend au sérieux son commandement et pense, après la victoire d’Héliopolis, à réorganiser le pays mais un musulman, fanatisé par les Turcs (et peut-être par les Anglais ?) le poignarde le 14 juin 1800 au Quartier Général du Caire.
Impétueux, infatigable, excellent chef de guerre, désintéressé, humain jusqu’à la naïveté, Kléber a la stature d’un héros sincèrement attaché à la Révolution. Il aurait pu, à la longue, porter ombrage à Bonaparte. Il symbolise en quelque sorte le patriotisme de l’Alsacien et un goût de l’aventure si prononcé chez certains de ses compatriotes.
En 1954, lors de la vente des biens du roi Farouk, la ville de Strasbourg a pu se porter acquéreur du nécessaire de campagne qui, on ne sait comment, était passé dans les collections de la famille royale d’Egypte. Le nécessaire, commandé à Paris chez l’orfèvre Maire ne comprend pas moins d’une vingtaine de pièces en argent qui vont du tire-bottes au nécessaire à thé ou à café. Outre l’intérêt historique et sentimental de ce trésor, il illustre un certain art de vivre et de voyager chez nos ancêtres, à l’aube du XIXe siècle.

Abandon des coutumes germaniques par les Strasbourgeois en 1793

Aquarelle anonyme de l’époque

Aquarelle anonyme de l’époque
La gravité de la situation militaire, l’obsession des «traîtres» de l’intérieur décident la Convention, entièrement dominée par les jacobins, depuis mai-juin 1793, à nommer deux Représentants en Mission auprès des armées du Rhin et dans l’Est, leur personnalité est à la mesure des événements et des décisions à prendre : Saint Just et Lebas sont des montagnards convaincus. Dès leur arrivée à Strasbourg (à la fin d’octobre 1793) ils mettent en place les institutions et les hommes dont la méthode de gouvernement est la «Terreur». Dans toute révolution les mesures radicales ressemblent furieusement à une fuite en avant aux conséquences immédiates ou lointaines bien imprévisibles. L’Alsace avec ses particularismes, avec la vitalité de sa foi chrétienne (qu’elle soit catholique ou protestante) subit le choc d’une telle politique comme une atteinte à sa personnalité profonde.
Justifiée la Terreur militaire rétablit la discipline, galvanise les troupes. La Terreur politique, animée, dans le Bas-Rhin, par l'accusateur public Euloge Schneider révèle la complexité de la «réalité» alsacienne puisqu’elle aboutit à une lutte féroce entre les jacobins « français » (en majorité de «l’intérieur» du pays) et les jacobins locaux ou d’origine germanique. Les premiers écrasent les seconds à travers Schneider qui est arrêté à la fin 1793. La Terreur religieuse renforce la résistance ouverte sinon une très forte résistance passive. La Terreur culturelle est, en quelque sorte, la conséquence des deux autres ; l’Alsace connaîtra un siècle et demi plus tard une situation analogue.
Il s’agit d’abord de faire table rase du passé, de ses symboles, de ses souvenirs. En tout point identique à ce qui se passe dans le reste de la France une rage iconoclaste entraîne la destruction d’une partie importante du patrimoine (statues de la cathédrale, archives, tableaux, orfèvrerie des corporations, etc…). Par ailleurs, elle prend une tournure particulière qu’on appelle encore la «Francilisation» dirigée
contre la langue allemande, le dialecte et les «coutumes allemandes», c’est-à-dire contre les habitudes ancestrales auxquelles la monarchie s’était bien gardée de toucher. Le décret du 15 novembre 1793 invitant les citoyennes de Strasbourg à quitter les modes germaniques est sûrement un des plus spectaculaires parmi une foule de décisions plus aberrantes les unes que les autres.
La scène représentée se déroule au club des Jacobins. Des femmes et des jeunes filles apportent des paniers remplis de coiffes tissées de fil d’or et d’argent ou «Schneppenhauben» que portaient les Strasbourgeoises avec leurs costumes de fête. Le refus d’accepter les particularismes agace, irrite un peu plus la population mais il n’aura pas de conséquences graves, l’expérience n’ayant pas duré bien longtemps : la municipalité «terroriste» est balayée en août 1794, sans effusion de sang.

Patrouille de la garde nationale aux environs de Strasbourg

Patrouille de la garde nationale aux environs de Strasbourg

Peinture à l’huile de Tobie Gimbel
1797

L’indiscipline, le refus d’obéir aux officiers nobles, gagnent peu à peu la garnison de Strasbourg. Rochambeau, à la demande des autorités, permet la constitution d’une Garde Nationale. Il lui fournit des armes, La Garde recrute les strasbourgeois entre 18 et 60 ans. Commandée par de bons éléments elle atteint bientôt un effectif de 5000 hommes, soit sept bataillons d’infanterie, un escadron à cheval et une section d’artillerie. Le prestigieux uniforme, composé d’un habit bleu de roi, à revers blancs brodés de rouge, au col droit écarlate, d’un bicorne à cocarde tricolore, de culottes et de guêtres blanches en été, noires en hiver, explique de nombreux engagements ; il ressemble à celui de la Garde Nationale de Paris. Une section de jeunes, les «Enfants de la Patrie» ou les vélites, âgés de 14 à 16 ans, prépare le recrutement futur. Les vétérans assurent l’exécution des règlements de police, c’est-à-dire l’ordre public à l’intérieur des murs.
Le sérieux de l’entraînement, une discipline rigoureuse font vite de ces troupes des auxiliaires de premier choix auxquels incombent, à la déclaration de guerre de 1792, un véritable service armé. Il consiste à surveiller les fortifications et la Citadelle (pas moins de 500 hommes!), à patrouiller dans les environs et le long du Rhin, à garder le pont. Il ne faut pas confondre la Garde Nationale de Strasbourg avec les corps de «Volontaires» qui se recrutent dans les départements. Le «Bataillon de Strasbourg, troisième du Bas-Rhin» est sur pied, avec 600 hommes, dès le 26 juillet 1792. En 1794 il prend le nom de «Bataillon d’Elite de Strasbourg» dont le Musée Historique conserve le magnifique drapeau (pièce rarissime mis en dépôt par le musée E. Rupin de Brives-la-Gaillarde).
La Garde Nationale de Strasbourg joue, à plusieurs reprises un rôle non négligeable, avec beaucoup de courage et d’efficacité. Le redressement de la situation, à la fin de 1793, n’empêche pas la surveillance constante du fleuve par la Garde afin d’empêcher les incursions des troupes des émigrés (1793-1795). Au milieu de 1796, nouvelle grande alerte avec la campagne contre l’Autriche, en Allemagne du Sud, et en Italie. Le 24 juin 1796, la Garde couvre les bateliers strasbourgeois qui effectuent le transport de 70.000 hommes sur la rive droite, à la hauteur de la Wantzenau. Kehl est occupé. La défense de Kehl et du pont sur le Rhin mobilise la Garde nuit et jour. C’est elle qui empêche, le 18 septembre 1796, les autrichiens de couper le pont ; elle les rejette hors de Kehl, par la suite défendu avec acharnement par Desaix durant quatre mois. L’ennemi lui permet alors de se replier avec armes et bagages.

 

François Christophe Kellermann Duc de Valmy (1735-1820)

Portrait par Foulot-Vachon

Portrait par Foulot-Vachon
Les guerres de la Révolution et de l’Empire donnent l’occasion aux vertus militaires de l’alsacien, à son goût apparent pour le panache (déjà remarqué sous Louis XIV) de s’épanouir pleinement. L’Alsace ne fournit pas moins de 62 généraux dont sept Strasbourgeois. Parmi ces derniers, Kléber et Kellermann ont acquis une dimension nationale.
François-Christophe Kellermann est né à Strasbourg, le 28 mai 1735, dans une famille patricienne. Son grand-père et son père occupent des postes du « Cursus honorum » municipal. Quand la révolution éclate Kellermann est un homme mûr de cinquante quatre ans qui a derrière lui une belle carrière militaire au service du Roi. Simple hussard à 17 ans (1752) il gravit les échelons de la hiérarchie militaire. La guerre de Sept Ans révèle sa bravoure et ses capacités d'’organisateur. Le 9 mars 1788 il est maréchal de camp.
Bourgeois, n’ayant aucun préjugé de la noblesse, il accepte la Révolution et, en 1792, la destitution de Louis XVI. Chargé de remettre en état les forteresses le long du Rhin (1789-91), aurait-il, comme le laisse supposer une lettre, incité Rouget de l’Isle à composer son « Chant de guerre de l’Armée du Rhin » ? En tout cas, promu général en chef, il organise la défense de Metz, puis rejoint Dumouriez en difficulté près de Sainte Menchould. A Valmy il repousse les Prussiens de Brunswick. On a beaucoup discuté sur la valeur réelle de cette bataille. En fait, il semble qu’elle ait eu une portée plus psychologique que militaire mais Kellermann est désormais associé à la «Nation en armes» lui qui prit la tête de ses troupes au cri de « Vive la Nation » sous les yeux de Goethe conscient de vivre le début d’une nouvelle page de l’histoire européenne.
Nommé à la tête de l’armée des Alpes et d’Italie, il réussit à empêcher une invasion piémontaise dans la vallée du Rhône : le musée conserve le sabre d’honneur que lui décerne, à l’occasion, la ville de Vienne. Un moment emprisonné sous la Terreur, dont il réprouve les excès, il rend un grand service à Bonaparte, en réorganisant l’armée des Alpes (1795-97) qui sert de réserve à celle d’Italie.
Aussi l’Empire et l’empereur le comblent d’honneur, de fonctions politiques ou militaires. En 1804, il est nommé Grand Officier de la Légion d’Honneur, maréchal d’Empire, chargé de la sénatorie de Colmar ; en 1806, il est fait duc de Valmy. Son âge le cantonne dans des postes à l’arrière : commandant des réserves dans l’Est (1804-1813), des « colonnes de marche » des nouvelles recrues durant l’année 1813. Tâches subalternes ? Sûrement pas, il s’en acquitte avec ordre et minutie.
En avril 1814, il se rallie à Louis XVIII et devient Pair de France. Durant les Cent-Jours, il reste en retrait et ne bouge pas. Acquis aux principes fondamentaux de la Révolution, mais grand bourgeois, avant tout militaire au service de son pays, il le sert quel que soit son régime. En cela, il reflète parfaitement l’attitude de beaucoup de ses compatriotes. Le peintre Foulot-Vachon l’a représenté, vers 1820, en uniforme de général au moment de la légendaire victoire de Valmy.

Ensemble de trois soldats en papier peint par Théodore Carl ( 1837-1904)

Ensemble de trois soldats en papier peint par Théodore Carl ( 1837-1904).

Le Musée Historique de Strasbourg possède plusieurs dizaines de milliers de petits soldats peints sur papier, soit l’une des plus importante collection de ce genre en France. Ces trois soldats représentent de gauche à droite : un garde d’honneur de Strasbourg à cheval, 1806, un gendarme d’ordonnance de 1806 et un officier- douanier à cheval de 1811. Gustave-Frédéric-Théodore Carl tenait un commerce de draperie de son père. Après son mariage il y ajoute un commerce de fleurs artificielles. A côté de ces activités, il ne cesse de peindre des petits soldats, surtout à partir de 1880 et jusqu’à sa mort. Il dessine lui-même ses figurines, puis les fait multiplier par un imprimeur. Ensuite il les colle sur du carton, les colorie, puis les découpe et les monte sur des plots. Avant 1870 il s’adresse à l’éditeur Grosskost, à Oberthür et surtout à Dusch après 1872.
Propriété de sa veuve, la collection passe en Algérie et revient à Strasbourg pour entrer, par donation, au musée historique en août 1955.