Musées de Strasbourg
Illustration de la page : Dessins pour la jeunesse
Musées >> Musée Tomi Ungerer >> Oeuvres choisies >> Dessins pour la jeunesse

Le Géant de Zeralda

Le Géant de Zeralda

1967
Dessin aux lavis d’encres sur papier cartonné
50 x 280 mm

Le Géant de Zeralda est une histoire pour les enfants typique d’Ungerer. Réutilisant le schéma narratif des Trois Brigands, il y raconte les aventures d’une petite fille qui réussit à convertir un ogre cruel en un bon géant avec sa délicieuse cuisine, et qui finit même par l’épouser. Clin d’œil malicieux, le prénom de la petite fille, Zeralda, tire son origine du lieu en Algérie où Tomi Ungerer fut méhariste pendant son service militaire… L’histoire se situe dans une époque médiévale, évoquant les décors et les personnages de Gustave Doré, avec parfois des références picturales à chercher du côté des natures mortes néerlandaises. Dans cette scène où tout respire la gourmandise, l’ogre, mollement allongé sur le sol, savoure avec délice un pique-nique gargantuesque préparé par Zeralda.

Children’s Posters : « Blanche-Neige et les sept petits nains »

Children’s Posters : « Blanche-Neige et les sept petits nains »

1969
Affiche, reproduction offset,
970 x 640 mm

Les Children’s Posters, une série d’affiches destinées aux enfants, ont été éditées aux Etats-Unis entre 1969 et 1971. Elles reprennent les thèmes des contes et légendes traditionnels.
Pour « Blanche Neige et les sept petits nains », Tomi Ungerer a constitué un orchestre avec les sept personnages de nains du conte. Mais le personnage central de Blanche Neige manque : il l’a malicieusement remplacé par celui d’un petit chat qui, assourdi par le bruit de la musique, se bouche les oreilles. Pour ces productions qui se situent entre l’art publicitaire et le dessin pour enfants, Tomi Ungerer utilise les procédés graphiques communs à ces deux genres, dessins hauts en couleurs marqués d’un trait précis et style proche de l’imagerie.

Le chapeau volant

Le chapeau volant

1970
Dessin à l’encre de Chine et aux lavis d’encres de couleurs sur papier calque,
302 x 240 mm

Dans Le Chapeau Volant, Tomi Ungerer met en scène un vétéran de guerre mutilé, Benito Badoglio, qui grâce à un miraculeux chapeau volant, accède à la fortune et au bonheur. Ainsi, il évite à un passant d’être assommé par un pot de fleurs, retrouve un oiseau rare échappé du zoo et rattrape un landau qui dévale en flamme un escalier.
Dans cette scène, Benito inaugure sa nouvelle vie et se déplace avec une nouvelle prothèse à roulettes en brandissant une canne à pommeau d’or. Tomi Ungerer introduit la satire sociale dans ce conte pour les enfants en dénonçant l’injustice, la misère et la marginalisation.

Papaski

Papaski

1971
Dessin aux lavis d’encres de couleurs sur papier
352 x 260 mm

Le livre pour enfants Papaski regroupe des nouvelles dont le texte et l’image ont été conçus à la manière d’Edward Lear, dans l’esprit nonsense des illustrateurs anglo-saxons. Comme dans le reste de sa production pour les enfants, Tomi Ungerer y utilise la technique des lavis d’encres de couleurs pour un rendu maximal des couleurs.
Les héros sont des animaux humanisés comme le couple de rats qui est représenté dans cette illustration. Du haut d’une falaise, ils admirent une petite ville nichée en contrebas et dont certains éléments topographiques évoquent irrésistiblement les paysages alsaciens. L’étrange véhicule dans lequel ils se déplacent n’est autre qu’un rouleau compresseur, jouet qui a été collectionné en plusieurs exemplaires par Tomi Ungerer…

La Grosse Bête de Monsieur Racine

La Grosse Bête de Monsieur Racine

1971
Dessin aux lavis d’encres de couleurs sur papier
375 x 275 mm

La Grosse Bête de Monsieur Racine raconte l’histoire d’un retraité qui débusque un animal d’une espèce inconnue volant des poires dans son jardin. Contrairement à toute attente, Monsieur Racine sympathise avec la Bête. Dans cette scène, monsieur Racine provoque l’enthousiasme de la docte assemblée de l’Académie des Sciences en lui présentant fièrement son animal. Mais la bête se révèle être un stratagème monté par deux enfants qui se sont déguisés.
Réussite incontestée de Tomi Ungerer qui l’a dédicacé à Maurice Sendak, cet autre grand dessinateur pour les enfants, et inspiré selon toute évidence par Max und Moritz de Wilhelm Busch, le livre évoque par les nombreux détails humoristiques qui émaillent les scènes, le graphisme du dessinateur satirique Dubout.

Allumette

Allumette

1974
Dessin à l’encre de Chine et lavis d’encres de couleurs sur papier calque
298 x 230 mm

Allumette est une variante revisitée et actualisée par Tomi Ungerer du célèbre conte d’Andersen. Il lui a imaginé une fin toute différente car la petite fille ne meurt pas comme dans la version classique mais est sauvée et distribue ses richesses à tous les pauvres de la terre.
Sur cette image, alors que la petite marchande d’allumettes affamée s’est arrêtée devant l’appétissante vitrine pleine de gâteaux d’un pâtissier, les commerçants surgissent sur le seuil de leur porte, armés d’un rouleau à pâtisserie, pour la chasser.
La lumière dorée de la vitrine est fortement mise en contraste avec le fond noir de la scène : cet éclairage évoque l’ambiance de certains films expressionnistes auxquels Ungerer se réfère souvent dans son interprétation du conte, en particulier dans les mises en pages de ses dessins.
Le thème de la marginalisation et de l’exclusion dans une société égoïste et matérialiste qui est abordé dans Allumette, est également proche des thèmes traités par certains peintres expressionnistes comme Otto Dix.

A Storybook from Tomi Ungerer : «The Little red riding Hood»

A Storybook from Tomi Ungerer : «The Little red riding Hood»

1974
Dessin à l’encre de Chine et lavis d’encres de couleurs sur papier,
297 x 210 mm

Comme avec Allumette, Tomi Ungerer revisite le répertoire classique des contes en transformant toute la trame narrative. Dans son Storybook, un livre resté inédit en France, le Petit Chaperon Rouge, à l’instar des autres héroïnes ungereriennes, devient une petite fille très déterminée qui va épouser le Loup.
Cette scène montre la rencontre des deux personnages dans la forêt. L’atmosphère, qui rappelle celle de la gravure de Gustave Doré dans son illustration du conte, est ambiguë : l’animal, somptueusement vêtu d’un costume princier comme dans La Belle et la Bête de Cocteau, jette un regard équivoque sur la petite fille.

Sans titre, Clic-Clac

Sans titre, Clic-Clac

1989
Dessin à l'encre de Chine et collage sur papier
297 x 210 mm

Dans Clic-Clac, un livre qui s'adresse aux enfants autant qu'aux adultes, Tomi Ungerer reprend un procédé qui lui est cher et qu'il a déjà maintes fois utilisé dans son œuvre, notamment pour des travaux publicitaires qui ont été regroupés dans un recueil intitulé Horrible, paru à New York en 1960.
Dans la tradition des surréalistes tel Max Ernst, il associe à un dessin à l'encre de Chine un collage, de reproduction photographique le plus souvent. Ici, c'est à partir d'une reproduction en couleurs de deux doigts aux ongles vernis qu'il a créé, d'un trait à la plume, une tête de serpent. Il mêle au genre humain l'animal, imaginant un univers saugrenu et absurde.