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The Party : «Mr Gideon Milton Rotlieb»

The Party : «Mr Gideon Milton Rotlieb»

1966
Dessin à l’encre de Chine et lavis d’encre de Chine sur papier,
460 x 430 mm

Dans son livre The Party, Tomi Ungerer critique avec férocité les participants d’une soirée mondaine new-yorkaise dans les années soixante, un milieu dans lequel il avait été introduit. Dans les dessins acérés à l’encre de Chine accompagnés de légendes déformant à peine les noms des convives, il dépeint un milieu aux mœurs hypocrites et superficielles.
A l’aide d’un procédé satirique qui remonte à Grandville et que Georg Grosz a également exploité, il attribue à ses personnages des appendices animaux et les transforme en monstres, tel cet homme, « Mr Gideon Milton Rotlieb », habillé d’un costume dont la tête est dotée de terrifiantes mandibules d’insectes.

Black Power/ White Power

Black Power/ White Power

1967
Affiche, reproduction offset
490 x 710 mm

L’affiche Black Power/White Power est devenue l’une des images politiques et satiriques les plus célèbres du dessinateur. Conçue à l’origine pour la couverture de la revue new-yorkaise Monocle, elle a ensuite été publiée sous forme d’affiche.
Sur le thème très brûlant dans les années soixante du ségrégationnisme racial, Ungerer pose avec audace la question de la responsabilité de chaque camp en représentant un homme noir et un homme blanc placés tête-bêche comme sur une carte à jouer et qui s’entre-dévorent. L’emploi de la couleur marron mise en contraste avec le blanc et le noir et le graphisme simplifié accentuent la dramatisation de la scène.

Eat

Eat

1967
Affiche, reproduction offset
680 x 530 mm

Comme beaucoup d’artistes dans les années soixante aux Etats-Unis, Tomi Ungerer a violemment critiqué la guerre du Vietnam. Cette affiche fait partie d’une série qui lui avait été commandée par un collectif d’étudiants et de professeurs de l’Université de Columbia. Mais aucune n’a été retenue en raison de leur côté provocateur et cette série a fini par être éditée à compte d’auteur.
Dans celle-ci, une main dont le bras porte en lettres majuscules le mot Eat force un Asiatique à avaler le symbole de la démocratie américaine, une statue de la Liberté en miniature. Comme dans toutes ses affiches politiques, Ungerer utilise pour provoquer un choc visuel une palette de couleurs très réduite consistant ici en du rouge et du jaune, en contraste avec un fond noir.

Slow Agony : «Diesel no parking please»

Slow Agony : «Diesel no parking please»

1981-1982
Dessin aux crayons gras et lavis d’encres de couleurs sur papier
606 x 897 mm

Dans le livre Slow Agony, Tomy Ungerer donne une interprétation très personnelle de la Nouvelle-Ecosse, région du Canada où il vécut de 1971 à 1975. Au-delà d’une simple représentation paysagiste, le livre est une réflexion sur le temps, la déchéance et la mort : les sujets, dont sont exclus les êtres humains, traitent des maisons tombant en ruines, de machines agricoles et de véhicules rouillés. Ici, le motif central est une pompe à essence abandonnée, d’où serpentent des tuyaux, portant une inscription d’interdiction de stationnement.
Avec cette série de dessins de grand format, Tomi Ungerer se situe dans la continuité stylistique de la peinture réaliste américaine et d’Edward Hopper en particulier.

Rigor Mortis : «Hommage à Posada»

Rigor Mortis : «Hommage à Posada»

1983
Dessin à l’encre de Chine sur papier

Tomi Ungerer a fait de la mort le thème central du livre Rigor Mortis. Il a perpétué en la renouvelant la tradition des Danses macabres médiévales et s’est livré dans ses représentations à la satire de la société.
Par exemple, dans ce dessin exécuté à l’encre de Chine, il a représenté trois squelettes se comportant comme des humains, portant des vêtements et se livrant aux joies de la bicyclette. Ce motif iconographique réfère précisément à Posada, un graveur et illustrateur mexicain du XIXe siècle, dont c’était l’un des thèmes récurrents.

Von menschlichen Tieren und von tierischen Menschen : «Sans titre»

Von menschlichen Tieren und von tierischen Menschen : «Sans titre»

1989
Dessin à l’encre de Chine et au lavis d’encres de couleurs sur carton
587 x 690 mm

Ce dessin inédit, de grand format, était destiné à faire partie d’une série de sept lithographies intitulée Von menschlichen Tieren und von tierischen Menschen, éditée par l’allemand Domberger sur le thème des animaux anthropomorphisés.
Ungerer représente un rhinocéros, vêtu d’un tissu ressemblant à ceux dont on recouvrait jadis les catafalques, et portant des chaussures féminines : le décalage ainsi obtenu apporte une note humoristique à l’ensemble. Par l’adjonction de ces accessoires humains à un animal dans un but satirique, Ungerer se situe dans la continuité du dessinateur Grandville qui avait imaginé ce procédé au XIXe siècle dans La vie privée et publique des animaux.

"Heimat deine Sterne - Friede auf Erden"

Heimat deine Sterne - Friede auf Erden

1994
Dessin à l'encre de Chine et lavis d'encres de couleurs sur papier calque
275 x 355 mm

Dans ce dessin destiné à une carte de voeux, les rois mages suivent un astre formé des étoiles européennes et s'acheminent vers Strasbourg, symbolisée par la cathédrale qui apparaît au loin.
Réalisé avec des teintes très douces au lavis d'encres de couleurs et avec un trait léger, il donne en une vision très poétique, la vision de l'Europe de Tomi Ungerer. L'artiste, dans ses écrits comme dans ses dessins, n'a pas cessé de s'engager pour l'Europe dont il définit en ces termes l'un des enjeux : "L'unité européenne, c'est un vaccin contre la guerre.".

Horrible : «sans titre»

Horrible : «sans titre»

1960
Dessin à l’encre de Chine et collage de reproduction en couleurs
265 x 190 mm

Le livre Horrible (dont le titre de l’édition en allemand est Weltschmertz) regroupe des projets publicitaires conçus à la fin des années cinquante. Dans la tradition surréaliste encore vive à cette époque, Tomi Ungerer a imaginé des dessins-collages pour mieux dépeindre le monde d’aujourd’hui, matérialiste et industrialisé.
A bord d’un coucou, un aviateur regarde avec étonnement passer une femme, transportée dans les airs par des Amours. En incluant à son dessin un détail du célèbre tableau de Prud’hon conservé au Louvre, « L’Enlèvement de Psyché », l’artiste symbolise avec ironie la confrontation entre les Temps modernes et mythiques.