Musées de Strasbourg
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La Cène

La CèneColmar (Haut-Rhin). Milieu du XIXe siècle
Peinture sous verre

Tout comme le mobilier polychrome, la peinture sous verre est un artisanat originaire d’Europe centrale. Elle fut introduite en Alsace par les ateliers de la Forêt-Noire , dont les artisans avaient décider de s’installer sur l'autre rive du Rhin afin d’ éviter le paiement les droits de douane pour l’exportation de leurs produits. C’est ainsi que la famille Winterhalder, venue du pays de Bade, s’installa à Colmar, d’où elle diffusa ses créations dans toute l’Alsace et au-delà. La demande populaire était alors particulièrement forte en matière d’imagerie, la lithographie n'ayant pas encore été inventée. Les compositions un peu élaborées, comme celle-ci, étaient la plupart du temps copiées sur des gravures popularisant les œuvres des artistes célèbres.

Saint Nicolas

Saint NicolasAlsace. Vers 1800
Peinture sous verre

La peinture sous verre qui est une des composantes de l’art populaire de l’Europe continentale apparaît en Alsace dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, d’abord apportée par des colporteurs depuis les ateliers de Forêt-Noire, puis fabriquée dans la région. Ces images populaires étaient destinées à orner les murs de la Stube, pièce commune de la maison, et les sujets en étaient essentiellement religieux : les catholiques aimaient avoir près de leur lit l’image de leur saint patron ou de la Vierge protectrice, tandis que les protestants préféraient mettre aux murs des scènes de la vie du Christ. Saint Nicolas est ici représenté avec les trois enfants qu'il aurait, d'après la légende, sauvé du cannibalisme en les retirant d'un saloir.

Mizra’h

Mizra’hAlsace. Vers 1820
Encre et gouache sur papier

Cet objet fait partie de l’important dépôt que la Société d’Histoire des Israélites d’Alsace et de Lorraine a fait en 1908 au Musée Alsacien, à la requête de ses directeurs. Il leur avait en effet paru essentiel de réunir au Musée Alsacien des éléments significatifs des trois religions présentes depuis plusieurs siècles dans la région et de montrer que la religion juive était une composante de la vie régionale. En Alsace, jusqu’au XIXe siècle, les communautés juives étaient essentiellement implantées en milieu rural, et par conséquent, étroitement intégrées dans le tissu villageois. La cohabitation entre juifs et chrétiens y était effective, même si elle n’était pas toujours exempte de frictions. Accroché au mur est, à l’intérieur de la maison juive, le mizra’h, "orient" en hébreu, indique la direction de Jérusalem, vers laquelle les juifs se tournent pour prier. Celui-ci est orné d’un bouquet de fleurs dans un vase, thème décoratif extrêmement fréquent dans l’art populaire alsacien. Son utilisation pour un objet religieux juif est révélatrice de l’intégration de cette communauté dans le milieu ambiant.

Souvenir de conscription

Souvenir de conscriptionStrasbourg. 1855
Aquarelle et encre sur papier

A partir de 1818, le recrutement des troupes s'est fait en France par tirage au sort. L’armée demandait un certain nombre de soldats par canton, nombre nettement inférieur à celui de l’ensemble des jeunes gens âgés de vingt ans. Ainsi, en 1855, dans le canton ouest de Strasbourg, seuls les conscrits ayant tiré les soixante-dix-sept premiers numéros allaient être retenus pour le contingent. Léopold Bauer, jeune juif, échappe ainsi au service militaire, dont la durée était alors de sept ans. Comme c'était alors l’usage, il fait réaliser un souvenir de conscription, sorte d’attestation du rite de passage à l’âge adulte. Mais, si les emblèmes patriotiques, drapeau tricolore et aigle impérial, sont habituellement présents sur ce genre d’image, son utilisation comme objet de culte est exceptionnelle. L’inscription hébraïque Shiviti est le début d’une prière, et l’image était sans doute placée sur le mur est de la maison.

"Repos de Jésus"

"Repos de Jésus"Alsace. XVIIIe siècle
Cire habillée, papier, verre

Autour de la figurine de cire peinte représentant l’enfant Jésus s’organisent toutes sortes d’éléments floraux et animaux faits de tissu, de papier, de cire, de plâtre peint, de verre, sur un fond de papier rocaille semé de paillettes argentées. Des compositions de ce genre des "paradis", des crèches et diverses scènes pieuses étaient confectionnées par certains couvents de femmes. Destinés soit à des pèlerins, soit à d’autres couvents, ces tableaux en trois dimensions, ou "cires habillées", étaient un support essentiel à certaines formes de la méditation religieuse.

 

Dégorgeoir de moulin

Dégorgeoir de moulinAlsace. Fin XVIIIe siècle
Bois sculpté polychrome

Ces masques de bois fixés à la base des moulins artisanaux déversaient le son par leur bouche largement ouverte et étaient fixés devant la caisse où était recueillie la farine. Ils devaient, par leur laideur, repousser les influences maléfiques qui auraient pu s’attaquer à la farine de céréales, aliment de base de l' homme. Le risque était en réalité surtout d'être intoxiqué par un champignon du seigle qui déclenchait une maladie grave, le "mal des ardents".
Très souvent, les figures des dégorgeoirs représentent l’étranger, des monstres de la mythologie antique ou comme ici le diable.

Souhait de bonne vie

Souhait de bonne vieKnoersheim (Bas-Rhin). 1794
Gouache sur papier

Lors du baptême d’un nouveau-né, son parrain ou sa marraine lui offraient une lettre lui exprimant leurs vœux pour une vie très chrétienne. Ces "souhaits de baptême" étaient le plus souvent ornés de motifs peints à la main, parmi lesquels dominaient le cœur, les fleurs, et les couples d’oiseaux.
Ce texte est une version laïque et républicaine du souhait de baptême. Le citoyen Neunreiter, aubergiste à Wasselonne, souhaite au petit Joseph, "qui a vu ce jour la lumière de la République", beaucoup de bonheur, de santé et de rester toujours "un défenseur de la patrie". A la place des motifs traditionnels figurent ici les emblèmes républicains : le bonnet phrygien (qui a pris la forme d’un bonnet paysan), la cocarde tricolore, les faisceaux de licteurs hérités de la république romaine et le coq, thème qui va rester par la suite le motif populaire associé à la République française.

Vœu de baptême

Vœu de baptêmeMulhausen (Bas-Rhin) 1806
Papier découpé (canivet)

En Alsace, l’usage de conserver une image en souvenir d’un moment important de la vie, était particulièrement développé. Les plus anciens de ces documents
sont les lettres de baptême, offerts par la marraine ou le parrain à l’enfant qui vient d’entrer dans la vie. Majoritairement issus des milieux protestants, ces textes souhaitent à l’enfant une vie très chrétienne et font souvent allusion au rachat des péchés par l'eau du baptême. L’austérité du texte est souvent compensée par la gaieté des couleurs et des motifs décorant le document, témoignages de l’art populaire. Certains de ces souhaits sont l’œuvre d’artisans spécialisés, capable d’une grande maîtrise technique et artistique. C’est le cas de ce document, réalisé avec la technique du canivet qui consiste en un découpage au canif des multiples motifs traditionnels agencés avec habilité, puis rehaussés de couleurs.