Musées de Strasbourg
Illustration de la page : Les artisans
Musées >> Musée Alsacien >> Oeuvres choisies >> Les artisans

Pochoir

PochoirZutzendorf (Bas-Rhin) XIXe siècle
Parchemin découpé

Confectionné dans une ancienne reliure de livre en parchemin, ce pochoir a été découpé au couteau. Le motif représenté est celui, hérité de la Renaissance et très apprécié en Alsace, du bouquet de fleurs dans un vase ou une corbeille. Ces fleurs sont des œillets, plante originaire de l’Inde introduite en Europe au début du XVIIe siècle et tenant sa valeur de sa rareté. L'objet aurait été utilisé par le menuisier Matter de Zutzendorf, qui se chargeait aussi de la mise en peinture des meubles qu'il fabriquait.
Un berceau en bois polychrome conservé au Musée alsacien présente un décor réalisé avec cet objet, qui s’y adapte très exactement. S’il n’est pas fréquent de retrouver des pochoirs, il est encore plus exceptionnel de pouvoir les associer aux meubles qu’ils ont servi à décorer.

Statuette de mineur

Statuette de mineurSainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin). XVIIIe siècle
Bois polychrome, minéraux

Cette figurine fait partie d’un ensemble de huit statuettes en bois sculpté et peint représentant des mineurs dans le costume qui était celui de la corporation au XVIIIe siècle. Outre des accessoires caractéristiques comme le casque, le mouchoir de tête (pour la sueur) ou le cuir fessier, l’homme porte ses outils : une pointerolle et une auge remplie de minerai. Sur le socle sont fixés d’autres minéraux provenant vraisemblablement des mines de Sainte-Marie-aux-Mines.
L’exploitation de ces mines d’argent appartenant au duc de Lorraine fut à son apogée au milieu du XVIe siècle, où elles comptaient alors près de 3 000 employés. Au XVIIIe siècle, elle était déjà sur le déclin, avant d’être nationalisée en 1791. L’importance économique et sociale de la corporation des mineurs explique cependant la production de telles œuvres d’art.

Enseigne de la pharmacie de la Cigogne

Enseigne de la pharmacie de la CigogneStrasbourg, Grand-rue. Début du XIXe siècle
Bois polychrome

Cette ancienne enseigne de la pharmacie de la Cigogne constitue l’une des rares représentations de cigogne antérieure au XXe siècle. Elle montre l’oiseau dans son environnement naturel, les zones humides de la vallée du Rhin, où il lui est facile de trouver les batraciens qui composent l’essentiel de sa nourriture. Avant 1870, les cigognes nichaient aussi volontiers sur les cheminées de Strasbourg. C’est leur départ, conséquence de l’industrialisation et des transformations de la ville sous l’annexion allemande, qui leur donne soudain valeur de symbole de l’Alsace française. De composante naturelle du paysage alsacien, la cigogne devient alors rapidement un objet folklorique, en particulier du fait de l’utilisation surabondante qu’en a faite le dessinateur satirique Hansi.

Verrous de fût

Verrous de fûtVignoble alsacien. XVIIIe siècle
Bois sculpté

Les tonneaux de vin sont, en Alsace, l’objet de beaucoup d’attentions et le support de décors souvent emblématiques. Le portillon qui permet d’aller nettoyer l’intérieur du tonneau est maintenu par une barre de bois appelée verrou de fût et très souvent sculptée. Parmi les motifs les plus fréquents figurent ceux qui sont liés à Bacchus et à sa légende. Il s’agit de représentation soit du dieu du Vin lui-même, soit de dauphins et de sirènes qui accompagnèrent Bacchus lorsqu’il fut enlevé par des pirates. La persistance de ce mythe greco-romain rappelle que ce sont les Romains qui introduisirent la vigne en Alsace.

Moule à lièvre de Pâques

Moule à lièvre de PâquesAlsace. Fin du XIXe siècle
Cuivre embouti

Parmi les traditions liées en Alsace à la célébration des fêtes calendaires, celle du lièvre de Pâques, qui existe aussi dans une partie de l’Allemagne, est singulière. La présence du lièvre en liaison avec une fête du printemps paraît aller de soi, par référence aux ébats de cet animal au mois d’avril, au moment de la lune de printemps. Mais la tradition attribue, ce qui est plus inhabituel, la ponte des œufs de Pâques au lièvre. Cette coutume semble née d’une coïncidence reposant sur l’association fortuite d’éléments liés au renouveau de la vie au printemps que sont l’œuf, symbole de la fécondité et de la résurrection dans l’Europe centrale, et le lièvre, animal qui n’est visible qu’au printemps.