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Sépulture violée anciennement

Sépulture violée anciennementNIEDERNAI, Kirchbuehl
Tombe 29
(Fouilles M. Zehnacker)
Ve s. - VIe s. après J.C.

La tombe 29, située au centre de la nécropole, présente la particularité d'avoir été violée anciennement, comme en témoigne le grand désordre des ossements retrouvés pêle-mêle. Cette pratique de viol de la sépulture, sans doute peu après l'inhumation, pour s'emparer du mobilier funéraire déposé auprès du défunt, semble être une pratique assez répandue pour la nécropole de Niedernai : sur 32 sépultures fouillées, 19 ont fourni des traces de perturbation ancienne. Les tombes les plus riches sont creusées plus profondément pour essayer de les soustraire aux pilleurs.
Biblio. : M. ZEHNACKER, « Niedernai, une nécropole du Ve et VIe siècle après J.C., Fouilles récentes n° 4 », dans A l'aube du Moyen Age. L'Alsace mérovingienne, Strasbourg, 1997, p. 113.

 

Fibules en forme de cheval

Fibules en forme de chevalNIEDERNAI, Kirchbuehl
(Fouilles M. Zehnacker, 1995)
(Fouilles financées par le Conseil Général du Bas-Rhin)
Inv. : D.11. 996. 6. 222-223
Dim. : L. : 32 mm, l. : 21 mm
Argent doré
Fin Ve s. - VIe s. après J.C.

La défunte de la tombe 48 était couchée sur le dos, bras gauche le long du corps, dans une fosse creusée dans le sol en loess jaune.
Le mobilier funéraire, d'une grande richesse, se compose d’objets de la vie quotidienne, d’éléments de parure et d’amulettes. Parmi ces objets de parure, une paire de fibules zoomorphes, en forme de cheval, argentées et dorées, placées près de l'épaule gauche. Une fine ligne pointillée souligne l'encolure, le dos et les pattes des chevaux. Ces fibules
sont, à l'heure actuelle, les seules de ce type trouvées en Alsace.
Biblio. : M. ZEHNACKER, « Niedernai, une nécropole du Ve et VIe siècle après J.C., série Fouilles récentes 4 », dans Les Collections du Musée Archéologique, tome 5, 1997

Paire de fibules en argent doré

Paire de fibules en argent doréHOCHFELDEN, tuilerie Lanter
(Fouilles H. Zumstein, 1964)
Inv. : D. 11. 976. 1. 1 à 9
Or, argent
Début du 5e siècle après J.C.

Une sépulture, au mobilier d'une exceptionnelle qualité, a été mise au jour fortuitement en 1964 lors de travaux d'extraction de lœss dans une tuilerie à Hochfelden. L'inhumation en cercueil de bois a livré un squelette de femme dont l'âge au décès se situe entre 50 et 70 ans. La pathologie des os longs révèle une pratique cavalière prolongée et régulière.
Le mobilier est d'une remarquable richesse, caractérisé par la présence de nombreux objets d'origine orientale :
- une paire de fibules ansées en argent de type gothique, placées obliquement, pointe vers le haut (de chaque côté du thorax)
- un miroir circulaire en argent moulé et poli se trouvait (sous les vertèbres du cou)
- un collier tressé de fils d'or très fins à 30 pendeloques faites d'une feuille d'or enroulée en cône et décorée d'un fin grènetis (autour du cou)
- une paire de boucles d'oreille en or à anneau plein et extrémité polyédrique (de part et d'autre du crâne)
- des plaquettes décoratives qui avaient été cousues sur un vêtement selon une mode de tradition orientale
- un gobelet en verre apode (déposé à gauche de la tête).
Le mobilier funéraire atteste ainsi que la défunte est une femme de haut rang, appartenant à l'aristocratie de l'Empire d'Attila, dont la famille a été sans doute attirée en Rhénanie par l'armée romaine, source de richesse et de pouvoir.
Biblio. : J.J. HATT, Une tombe barbare du Ve siècle à Hochfelden (Bas-Rhin), dans Gallia, 1965, XXIII, fasc. 2, pp. 250-256.

Céramiques décorées de tradition alamane

Céramiques décorées de tradition alamaneALSACE
H. : 160 mm
Céramique
VIe s. - VIIe s. après J.C.

Façonnés en pâte noire, non fabriqués au tour mais montés au colombin, ces vases sont caractéristiques de la céramique "alamane". La panse arrondie est décorée de bosses en léger relief ainsi que de gravures plus ou moins profondément incisées dans la pâte.

Collier

CollierGERSTHEIM
Inv. : 625
Pâte de verre
VIIe s. après J.C.

Collier composé de 27 perles en pâte de verre, dont certaines ornées de lignes ondulées et de cercles oculés. Il s'agit d'un type d'objet de parure extrêmement fréquent dans les sépultures mérovingiennes.

Biblio. :

  • Séance du comité du 4 mai 1863, dans Bulletin de la Société pour la Conservation des Monuments Historiques d'Alsace, 2e série, II, pp. 25-29.
  • M. de MORLET, « Notice sur les cimetières gaulois et germaniques découverts dans les environs de Strasbourg », dans Bulletin de la Société pour la Conservation des Monuments Historiques d'Alsace, 2e série, II, pp. 188-199.

 

Paire de passe-courroies

Paire de passe-courroiesDANGOLSHEIM, Tombe 2
Inv. : 50.66 et 66a
Dim. : L. : 25 mm , l. 195 mm
Bronze
VIIe s. après J.C.

Paire de passe-courroies à riche décor d'entrelacs gravés. Trois petits rivets bombés marquent le sommet de la languette et permettaient de fixer l'extrémité d'une courroie en cuir. Ces objets ont pour fonction de faciliter le passage de la courroie en cuir dans une boucle.
Biblio. : C. SAUER, « Tombes mérovingiennes à Dangolsheim, Kolbsheim et Westhoffen », dans Cahiers Alsaciens d'Histoire et d'Archéologie, 1952, n° 132, p. 101 et pl. I, n° 21-22.

Crâne à déformation artificielle

Crâne à déformation artificielleDACHSTEIN, loessière Vonesch
(Fouilles 1969 et dépôt G.F. Heintz)
Inv. : D. 11. 985. 1. 1
H. : 200 mm
Ossements humains

La tombe VI fouillée en 1969 par G.F. Heintz se localise à proximité immédiate de celles déjà explorées par A. Stieber en 1955. Le mobilier se compose d'un poignard et d'un couteau en fer, d'un briquet en fer et bronze, d'un petit passe-courroie en bronze et de deux silex triangulaires. La particularité de cette sépulture d'adulte (âgé d'une trentaine d'années) réside dans la déformation artificielle du crâne, dont la calotte est fortement allongée vers l'arrière. Une déformation semblable avait déjà été notée pour le squelette de la tombe II toute proche fouillée par A. Stieber une quinzaine d'années auparavant.
Ce type de déformation artificielle est une pratique qui existe chez de nombreuses populations partout dans le monde. A l'époque mérovingienne, on peut supposer que cette forme allongée ainsi donnée au crâne dès l'enfance (par la pose de planchettes ou de bandelettes) conférait un statut particulier à la personne qui faisait l'objet de cette pratique au sein du groupe social.

Biblio. :

  • A. STIEBER, « Le cimetière mérovingien de Dachstein et trouvailles accessoires d'objets néolithiques », dans Cahiers Alsaciens d'Archéologie, d'Art et d'Histoire, 1957, pp. 97-105.
  • G.F. HEINTZ, « Observations archéologiques à Dachstein de 1957 à 1972 » dans Cahiers Alsaciens d'Archéologie d'Art et d'Histoire, XVIII, 1974, pp. 56-59.

 

Vaisselle en bronze d'importation

Vaisselle en bronze d'importationITTENHEIM, 87 rue Neuziel
Inv. : 38424 et 38425
Dim. : H. : 172 mm D. sup. : 70 mm, D. base : 68 mm (oenochoé)
H. : 316 mm D. sup. : 224 mm, D. base : 90 mm (patère)
Bronze à décor gravé
VIIe s. après J.C.

Oenochoé et patère en bronze appartiennent sans aucun doute au mobilier de la sépulture d'Ittenheim qui a livré également les pièces de harnachement décorées. La cruche, à lèvre arrondie et col cylindrique, présente un décor de feuilles d'acanthes et de motifs végétaux finement gravés sur la panse ovoïde. L'anse, à attaches verticales, est surmontée d'un poucier bouleté. La patère se compose d'une vasque demi-sphérique et d'un haut pied creux évasé. Le manche, allongé, à extrémités bouletées, était muni d'un crochet (brisé). L'intérieur reprend le même motif de frise de feuilles d'acanthes, entourant un médaillon circulaire à branches végétales rayonnantes. Ce décor est à mettre en relation avec des ateliers byzantins ou coptes, où existent de nombreux parallèles. L' origine lointaine de ces objets leur conférait sans doute une importance particulière. Parmi les pièces de comparaison les plus proches, on peut citer la patère découverte en 1930 dans une tombe féminine de Güttingen (Allemagne). Celle-ci porte une inscription en caractères grecs sur le marli et la vasque est ornée de scènes de lutte contre une panthère et un ours. La fonction de ces coupes et oenochoés en bronze semble à mettre en relation avec des rites de purification par l'eau lors des repas ou avec le banquet funéraire.
Biblio. : J. WERNER, Ein alamannisches Fürstengrab des 7. Jahrhunderts im Elsass, Strasbourg, 1943.