Musées de Strasbourg
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Le Musée Historique constitue une parfaite introduction à la découverte de Strasbourg. Tout au long de son parcours, il fait dialoguer les objets historiques de ses collections avec la ville, son patrimoine architectural et les collections des neuf autres musées. L’histoire de la ville présentée aux visiteurs est une histoire racontée par 1325 objets : objets commémoratifs, objets reliques, simples témoins et révélateurs de la vie des hommes passés et de leurs valeurs. Ces objets, éclairés par une mise en contexte chronologique et thématique, retrouvent leur signification et content l’histoire d’une ville dont la localisation singulière, sur le Rhin, a façonné l’histoire.

Le musée offre un parcours à travers le temps depuis le Moyen Âge, organisé autour de trois grandes périodes : la ville libre du Saint-Empire romain germanique (1262-1681), la ville royale (1681-1789) et la naissance d'une métropole (XIXe et XXe siècles).

Le parcours aborde dans un premier temps la ville libre du Saint Empire romain germanique avec ses emblèmes et ses symboles, les éléments constitutifs de son autonomie que sont la puissance militaire et la richesse commerciale, et son organisation politique d’une démocratie bourgeoise. L’ensemble de ces facteurs ont permis à Strasbourg d’être l’un des foyers de l’invention de l’imprimerie et de s’imposer comme une grande capitale européenne à l’heure de l’humanisme et de la Réforme. 

Avec le XVIIe siècle s’ouvre un siècle de guerre, qui aboutit en 1681 au rattachement de Strasbourg à la France. Dans cette deuxième grande section sont évoqués les changements que connaît alors Strasbourg, ville royale et française, avec l’émergence des monopoles royaux,  mais aussi son rôle de place forte sur la frontière. Extraordinaire maquette de la ville et de sa région en 1727, le plan relief commandé par Louis XV illustre la fonction clé qui est désormais dévolue à la Ville. Lieu d’une intense vie culturelle et artistique, Strasbourg compose avec la complexité de son identité : entre protestantisme et catholicisme, entre langue allemande et langue française, entre la tradition et un goût français dont elle se fait bientôt la vitrine.

La Révolution française, période à laquelle l’émergence du patriotisme fait entrer Strasbourg dans la communauté nationale. La Marseillaise, composée à Strasbourg, en est le vibrant symbole. Du tumulte populaire surgissent les figures des héros : le général Kellermann à Valmy, et surtout le général Kléber assassiné en Egypte…  Cette section illustre ainsi les processus de fabrication de l’histoire et d’élaboration des figures héroïques. En choisissant de célébrer ou d’oublier certains hommes et événements du passé, les Strasbourgeois contribuent à construire leur représentation du passé et, partant, leur identité.

Du 19e siècle à 1949, les Strasbourgeois changent 5 fois de nationalité, la ville devient carrefour ferroviaire et fluvial puis s’agrandit considérablement. Depuis 1949 elle est l’une des capitales européennes.

Strasbourg devient une plate-forme militaire lors des guerres napoléoniennes et accueille à plusieurs reprises Napoléon. Un grand théâtre de langue française est (re)construit place Broglie et l’allemand finit par devenir la seconde langue enseignée au gymnase au milieu du 19e siècle. Le canal de la Marne au Rhin et le canal du Rhône au Rhin, puis les lignes de chemin de fer Strasbourg-Bâle, Strasbourg-Paris et enfin le pont de chemin de fer sur le Rhin font de Strasbourg plus que jamais une ville à la croisée des routes…

Le bombardement de Strasbourg en 1870 constitue l’un des premiers grands bombardements modernes sur une population civile. A l’issue du siège, la ville se rend aux allemands et devient par le biais du traité de Francfort capitale de la « Terre d’Empire Alsace-Lorraine ».

Les alsaciens de souche sont obligés de choisir entre leur petite patrie (l’Alsace) et la grande patrie (la France). Lorsqu’ils restent, quelle est la meilleure façon de défendre les intérêts de leur région : en essayant de travailler avec le nouveau pouvoir en place (on les appellera les autonomistes, qui se rassemblent autour de « l’homme de fer ») ou au contraire en rejetant toute forme de collaboration avec celui-ci (les réfractaires) ?

Deux nouveaux campus universitaires remplacent les institutions académiques dispersées dans la ville. La faculté de médecine se développe au sein de l’hôpital civil agrandi. Entre Palais Universitaire et Observatoire sont construits différents instituts scientifiques qui attirent de jeunes professeurs brillants.

La ville se lance dans une série de grands travaux urbains : suppression des fortifications, agrandissement de la ville appelé aujourd’hui « Neustadt » (ville nouvelle), Grande Percée (rue du 22 novembre).

Une importante minorité allemande occupe les postes clés dans l’administration, nécessite la construction de nombreuses nouvelles casernes, et contribue à la modernisation de la vie industrielle notamment dans le domaine des tanneries à Strasbourg. La cohabitation entre population de souche et nouveaux arrivants n’est pas exemptes d’animosités, les alsaciens étant suspectés de francophilie.

A l’issue de la Première Guerre mondiale, Strasbourg redevenue française, maintient le niveau universitaire et poursuit la politique de grands travaux urbains ainsi que l’agrandissement du Port sur le Rhin. Les automobiles Mathis témoignent d’un essor industriel oublié depuis.

La Seconde Guerre mondiale est développée sous plusieurs angles : drôle de guerre et évacuation des Strasbourgeois en 39-40, retour à Strasbourg avec ses conséquences sur la vie des habitants soumis à la politique nazie puis à l’incorporation de force à partir de 42. La vie quotidienne aussi bien que les mouvements de résistances permettent de se faire une idée de la singularité de la vie des Strasbourgeois entre 40 et 44. Une série de 9 portraits permet aux visiteurs de s’interroger à leur tour sur les choix qu’ils auraient eu à faire s’ils avaient été confrontés à ces mêmes évènements.

Le parcours se termine sur l’évocation des institutions européennes.