Musées de Strasbourg
Illustration de la page : Collections
Musées >> Musée des Arts décoratifs >> Collections

La visite du musée des Arts décoratifs commence par celle des appartements historiques du palais Rohan, à savoir les appartements du roi et les appartements du prince-évêque, témoignages exceptionnels de l'art de vivre princier sous la monarchie. Elle se poursuit, dans l'aile des anciennes écuries, par les salles abritant les collections d'arts décoratifs principalement axées sur l'histoire des arts appliqués à Strasbourg au XVIIIe siècle

Les appartements

L’exceptionnelle qualité du décor intérieur du palais Rohan répond à celle de son architecture. Robert de Cotte, Premier architecte du roi, en a donné les idées générales et l’exécution s’est déroulée entre 1737 et 1742. Il convient d’y faire la part de Joseph Massol, peut-être guidé par un grand décorateur parisien, mais aussi aidé de sculpteurs-ornementistes tels que Leprince et surtout Nahl et Saint-Laurent, qui ont propagé le style du palais Rohan à l’étranger. Les plafonds de l’appartement royal sont quant à eux probablement l’œuvre d’une équipe de stucateurs italiens, les Castelli et Morsegno.

Le décor des appartements est exécuté au moment même où paraît le fameux livre de Blondel, De la distribution des maisons de plaisance, dont il illustre parfaitement les principes généraux : progression dans la richesse, transition dans le passage de l’extérieur vers l’intérieur, ainsi que d’une pièce à l’autre, adaptation du décor à la fonction de la pièce. La distribution se résume en deux enfilades d’appartements, celle du prince-évêque prenant le jour au nord et l’appartement de parade donnant sur la terrasse au sud, toutes deux étant réunies à l’est par la salle du synode, et à l’ouest par la bibliothèque et la chapelle.

Le décor intérieur

Au faste du mobilier et des objets d'apparat répond la qualité des peintures de l'école française : Oudry, Desportes, J.-F. de Troy, F. Lemoine, Restout... Tapisseries de l'Histoire de Constantin d'après Rubens, bustes d’après l'antique (XVIIe siècle), sièges et consoles en bois sculpté et doré provenant des appartements royaux (vers 1740), vases de Chine et du Japon (XVIIe – XVIIIe siècles), mobilier du salon de réception (vers 1770) et de la chambre de Napoléon Ier composent un magnifique ensemble représentatif des époques cardinalice et impériale.

L’ aile des arts décoratifs

Le XVIIIe siècle constitue l'âge d'or de l'artisanat strasbourgeois.
L’ aile des arts décoratifs conserve une importante collection d’objets d’art de cette époque : céramiques, orfèvrerie, étains, ferronnerie, tapisseries, mobilier et peintures. La période est fortement marquée par l'œuvre de la famille Hannong : dont la manufacture de céramiques est particulièrement renommée pour ses décors de "fleurs fines" et ses terrines en trompe-l’œil.

La peinture est également représentée au sein des collections d’arts décoratifs : les paysages de Bemmel, les portraits de Melling, Sorg, Huin, Heimlich… font revivre toute une société strasbourgeoise fascinée par Paris.

La collection d’orfèvrerie

La renommée européenne de Strasbourg au XVIIIe siècle dans le domaine de l’orfèvrerie lui vient autant de la beauté des formes régence, rocaille, Louis XV et Louis XVI des écuelles à bouillon, chocolatières et cafetières, gobelets de magistrat, couverts de table et nécessaires de toilette que de la qualité exceptionnelle de son vermeil. Les Imlin, Oertel, Alberti et Kirstein, véritables dynasties d’orfèvres, comptent parmi leur clientèle les dignitaires de la ville libre royale, les grands seigneurs allemands possessionnés en Alsace, ainsi que les nouvelles classes sociales venant d’accéder à l’aisance ou à la richesse. La cohérence et la richesse de la collection contribuent au caractère exceptionnel de cet ensemble, symbole d’un savoir-faire et d’un art de vivre raffinés, que vient compléter le précieux fonds de dessins d’orfèvrerie conservé au Cabinet des Estampes et des dessins de Strasbourg.

L’horlogerie

L'horlogerie du XVIe siècle est représentée par des pièces rarissimes: on peut notamment admirer quelques éléments provenant de la première horloge astronomique de la Cathédrale, dont le très fameux coq réputé pour être le plus ancien automate du monde (vers 1350).

* Voir l’ouvrage publié aux éditions des Musées de Strasbourg, «Deux siècles d’orfèvrerie à Strasbourg. XIIIe –XIXe siècles dans les collections d’orfèvrerie du musée des Arts décoratifs», sous la direction d'Etienne Martin, Conservateur du Musée des Beaux-Arts, isbn: 2-901833-80-2, prix: 35€