Musées de Strasbourg
Illustration de la page : Accrochage Historique
Musées >> MAMCS >> Collections >> Accrochage Historique

Le fonds

Le parcours au rez-de-chaussée s'amorce avec une salle qui se veut un trait d'union entre le début et la fin du parcours historique en même temps qu’une transition vers les collections contemporaines. Au Penseur (1904) de Auguste Rodin sont confrontées des œuvres des années 1970 à 1990.
La suite du parcours va des pionniers de la modernité, comme Monet ou Gauguin, jusqu'aux représentants des avant-gardes européennes comme la nouvelle peinture allemande (Baselitz, Schönebeck ou Lüpertz), et les Nouveaux Réalistes (Raymond Hains, Arman ou Daniel Spoerri) qui visent depuis Marcel Duchamp et Dada à reconsidérer la place de l'objet dans l’art.

Le point nodal de ce parcours est constitué par la figure emblématique à Strasbourg de Hans Jean Arp, dont l’œuvre a accompagné la plupart des avant-gardes historiques de Dada à l’abstraction d’après-guerre. Un ensemble de salles est ainsi consacré à Arp et Sophie Taeuber-Arp, évoquant également leur participation, aux côtés de Théo Van Doesburg, à la réalisation de ce monument du mouvement moderne que fut l'Aubette de Strasbourg (1926-1928).

Autour de ce point fort des collections, tous les grands courants de l'art de la fin du XIXe siècle et de la première partie du XXe siècle sont représentés : impressionnisme et post-impressionnisme, fauvisme, expressionnisme, cubisme et post-cubisme, purisme, abstraction, retour à l'ordre, surréalisme, peinture des « nouveaux expressionnistes » allemands, nouveau réalisme, avec des œuvres, entre autres, de Monet, Gauguin, Signac, Valloton, Dufy, Kupka, Kandinsky, Larionov, Gontcharova, Delaunay, Picasso, Picabia, Herbin, Ernst, Magritte, Masson, Brauner, Baselitz et Spoerri.
Une place importante a été également consacrée aux Arts Décoratifs Alsaciens autour de 1900, avec notamment Spindler et Carabin.

Un choix dans l'accrochage

Et pour permettre de nombreuses vues transversales et des comparaisons souvent inattendues, l'accrochage induit le dialogue entre les courants artistiques de la première partie du XXe siècle. Ainsi, le rapport entre abstraction et figuration, illustré de façon emblématique par une huile sur panneau de Francis Picabia présentant au recto une forme abstraite simple et arrondie et au verso un portrait de femme empruntant au réalisme des pin-ups ; ou bien la transition entre primitivisme et abstraction libre mais aussi entre cubisme et logique constructive soulignée par les œuvres de Kandinsky et de Kukpa.
Arp établit des passerelles entre l'onirisme surréaliste (Victor Brauner et Max Ernst) et une abstraction organique, qu'il confronte par ailleurs, dans les études pour le projet collectif de l'Aubette, à la rigueur constructive de Théo Van Doesburg. A l'abstraction d'après-guerre, qui réactive l'opposition entre lyrisme et géométrie, succèdent la figuration expressive allemande et le courant français du Nouveau Réalisme qui s’imposèrent sur la scène artistique européenne dès le début des années 60.

La galerie Gustave Doré

L'œuvre de Gustave Doré, artiste strasbourgeois, bénéficie d'une présentation particulière issue de la nécessité de présenter dans de bonnes conditions la grande toile intitulée Le Christ quittant le prétoire, qui mesure 6 m de haut sur 9 m de large. Toute la salle de onze mètres sous plafond, est conçue autour de cette œuvre majeure : un éclairage zénithal particulier est dirigé sur la toile, et à l'étage, un balcon qui évoque la loge de théâtre permet d'avoir une vue plongeante sur celle-ci. Une sélection des plus belles peintures de Doré conservées dans les collections complète l’accrochage et amène à découvrir un aspect encore méconnu du talent de l’artiste. Une salle plus petite équipée de vitrines murales permet d'évoquer l'activité de dessinateur et d'illustrateur de Doré, pour laquelle il est internationalement connu : dans le monde entier, ce sont ses gravures qui viennent à l'esprit quand on évoque l'Enfer de Dante par exemple. Une sculpture présentée dans la même salle rappelle que Doré était également sculpteur.