Musées de Strasbourg
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Francesco Cairo (1607 - 1665)

Francesco Cairo (1607 – 1665)

Portrait de femme au turban
Vers 1630-1640
Peinture sur toile, 70,5 x 71 cm

L'œuvre de jeunesse de Cairo fut marquée par l'influence de son compatriote Morazzone et hérita du style maniériste lombard, style que l'artiste reprit d'une façon tourmentée et très originale, y mêlant un luminisme d'inspiration caravagesque. En témoignent Sainte Agnès, Lucrèce et Hérodiade, par exemple, de la Galerie Sabauda à Turin. Dans sa maturité, Cairo fut attiré par l'art vénitien qui lui fit opérer une profonde transformation stylistique vers le Baroque.
L'iconographie de ce tableau est loin d'être claire: s'agit-il d'une Sybille ou bien, tout simplement, du portrait d'une jeune et belle femme coiffée d'un somptueux turban, que l'on retrouve dans d'autres œuvres de l'artiste?
Œ uvre importante, qui montre avec évidence que Francesco Cairo est l'un des maîtres les plus originaux de la peinture lombarde du XVIIe siècle, ce type de portrait en buste dans un cadrage serré et surtout l’impact encore très fort du luminisme caravagesque indiquent une date précoce dans la carrière de l'artiste, qui pourrait se situer entre 1630 et 1640.
La délicatesse de son coloris qui marie avec audace un bleu canard à un rose lie de vin, son luminisme qui met en valeur davantage le turban que le visage laissé volontairement dans l'ombre, enfin l'étrangeté de sa mise en page en font une œuvre aussi chargée de mystère que de silence.

Salvator Rosa (1615-1673)

Salvator Rosa (1615-1673)

Paysage avec Tobie et l’Ange
Vers 1670
Peinture sur toile, 121 x 195 cm.
Monogrammé en bas à gauche: SR (entrelacé)

Après ses débuts dans le milieu napolitain, fréquentant l'atelier de Ribera puis celui de Falcone, Rosa partit à Rome puis à Florence. Il puisa ses sources chez Ribera aussi bien que chez Poussin, mais c'est l'expérience naturaliste de sa formation napolitaine qui continua à déterminer son évolution picturale et son activité parallèle de poète et de musicien.
Il utilisa les thèmes les plus divers, sacrés et profanes, mais aussi des scènes de sorcellerie ou de magie qui lui valurent un grand succès auprès des illustres familles de Rome et de Florence.
Romantique avant la lettre, Salvator Rosa fut l'un des initiateurs d'une vision particulière du paysage où la nature est liée à un sentiment mélancolique.
Sur les bords du Tigre, Tobie vient de pêcher un poisson. Dieu lui envoie son messager, l’ange Raphaël, qui lui intime l’ordre d’en extraire les viscères qui lui serviront à libérer des démons sa future femme Sarah et à guérir son père aveugle. Ce thème, largement répandu au Seicento, a particulièrement intéressé Rosa, qui l’a traité à plusieurs reprises.
Le sujet biblique pousse Rosa à peindre un paysage avec fougue et ardeur. La nature y est inquiétante: les lumières et les ombres maintiennent un accent d’une solennelle beauté; les arbres sont calcinés par la lave des Champs Phlégréens; le ciel fait corps avec les fumées de la Solfatare; le vent prend part à la dynamique cosmique et le combat des forces de la terre se poursuit dans les nuages.

Jacopo Vignali (Pratovecchio 1592 - Florence 1664)

Jacopo Vignali (Pratovecchio 1592 - Florence 1664)

Cyparissos
Vers 1625
Peinture sur toile, 123 x 163 cm

Il y avait à Cos (en Grèce) un cerf qui ne craignait pas les hommes. Le jeune Cyparissos, aimé d’Apollon pour sa grande beauté, vouait une affection particulière à l’animal dont il garnissait les bois de guirlandes de fleurs. Un jour, alors que l’animal s’était étendu sur l’herbe, Cyparissos sans le vouloir, le transperça de son javelot. Voyant le cerf mourant, il voulut mourir lui aussi. Il demanda que son deuil soit éternel et que ses larmes coulent éternellement. Apollon accéda à sa demande en le transformant en cyprès, l’arbre de la tristesse. Apollon lui dit alors: «Je verserai sur toi des larmes, tu en verseras sur les autres et tu seras le compagnon de la douleur».
Ovide, Les Métamorphoses, Livre X