Musées de Strasbourg
Illustration de la page : XIXe siècle français
Musées >> Musée des Beaux-Arts >> Oeuvres choisies >> XIXe siècle français

Théodore Chassériau (Saint-Domingue 1819 – Paris 1856)

Théodore Chassériau (Saint-Domingue1819 – Paris 1856)

Mazeppa
Vers 1851
Peinture sur toile, 66 x 53 cm

La légende raconte que Mazeppa a été surpris en flagrant délit d’adultère par un polonais jaloux. Celui-ci l’aurait attaché nu sur un cheval sauvage qui l’a emporté jusqu’en Ukraine.
Réinterprétant à sa manière le poème de lord Byron, Chassériau a choisit de montrer dans ce tableau l’issue presque fatale d’une longue course effrénée. Il s’attache à dramatiser et à poétiser la scène: l’œil noir et grand ouvert du cheval, le geste impuissant de Térésa et l’envol des oiseaux de proie dans un ciel obscurci contribuent à rendre un sentiment ambigu mêlant charme, grâce et douleur.
L’œuvre de petite taille est remarquablement construite par des jeux de lignes, au service d’«une expression plastique à la mesure de son thème grandiose» (Henri Zerner).

Théodore Chassériau (1819-1856)

Théodore Chassériau (1819-1856)

Intérieur de harem, Femme de Constantine sortant du bain
1854
Peinture sur toile, 66 x 53,5 cm

Chassériau est l’un des peintres français les plus marquants du milieu du XIXe siècle. L’intérieur de harem fait partie du legs du baron Arthur Chassériau au Musée des Beaux-Arts de Strasbourg en 1934, legs qui comporte aussi une toile et deux esquisses. Il constitue l’une des expressions les plus séduisantes du goût orientaliste de l’époque, ainsi que la vogue croissante de ces nudités sensuelles auxquelles devait tant se complaire, sous les prétextes les plus divers, l’art de la seconde moitié du XIXe siècle.

 

 

Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875)

Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875)

L’Etang de Ville-d’Avray
Peinture sur toile, 47,5 x 68 cm

Fondée en 1832, la Société des amis des arts de Strasbourg (aujourd’hui Société des amis des arts et des musées) s’engagea dès l’abord dans une politique d’acquisition d’œuvres d’artistes contemporains. Qu’elle ait eu le discernement de s’adresser en 1863 à J.-B. Camille Corot (qui ne devait jamais cesser d’être considéré comme l’un des plus grands peintres de son siècle, contrairement à d’autres alors au faîte de la gloire) et de lui acheter cet Etang de Ville-d’Avray, œuvre importante du maître tant par son format que par sa qualité, ceci s’avère rétrospectivement l’acte le plus brillant de cette politique et la preuve tangible de sa validité.
Fleuron de la collection de la Société, l’Etang de Ville-d’Avray fut confié en dépôt au Musée des Beaux-Arts. Il reste aujourd’hui l’une des œuvres majeures de l’ensemble de peinture du XIXe siècle que présente le musée, dont celles de Courbet, Delacroix, Th. Rousseau et Chasseriau.

Georges Michel (1763-1843)

Georges Michel (1763-1843)

L’Orage
Vers 1830
Peinture sur toile, 48 x 63 cm

L’Orage est l’un des trois tableaux que le musée des Beaux-Arts possède de Georges Michel, le plus important paysagiste du romantisme français. Mais tandis que les deux autres tableaux illustrent l’influence que Michel reçut en ses débuts des paysagistes hollandais du XVIIe siècle (qu’il connaissait très bien grâce à ses travaux de restaurateur au musée du Louvre), L’Orage est révélateur de l’étonnante modernité qui se fait jour dans son œuvre tardive. Bien au-delà du réalisme de l’école de Barbizon, ce sont les paysages expressionnistes de Nolde ou de Permeke qui semblent ici préfigurer.