Musées de Strasbourg
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Tête d'homme dite "Christ de Wissembourg"

Tête d'homme dite "Christ de Wissembourg"

Ancienne abbatiale de Wissembourg (?), Bas-Rhin
Vers 1060 ?
Vitrail
Diamètre 25 cm

La célèbre tête de Wissembourg est le plus ancien vitrail figuré conservé en France. Fragment probable d'une figure du Christ en pied ou en buste, ce vitrail est réputé provenir de l'abbatiale bénédictine de Wissembourg au nord de l'Alsace, reconstruite à partir de 1040 et embellie après 1056. Cette origine n'est toutefois pas attestée.
La tête strasbourgeoise, complétée de pièces colorées modernes vers 1950, a été peinte selon la technique décrite vers 1100 par le moine Théophile dans son traité concernant la peinture sur verre. La grisaille est appliquée en trois couches d'intensité différente, l'une très claire par endroits, l'autre moins diluée pour les ombres et la troisième très sombre pour les traits. La stricte frontalité du visage et la stylisation des formes donnent au personnage une grande force d'expression primitive.

La Visitation

La Visitation

Cathédrale de Strasbourg,
Chapelle Saint-Jean (?)
3e quart du XIIe siècle
Vitrail; 52 x 48 cm chaque panneau

Provenant peut-être de la chapelle Saint-Jean de la cathédrale, les deux bustes de la Vierge et de sainte Elisabeth constituent les panneaux supérieurs d'une Visitation.
Sur le panneau de gauche, la Vierge à la tête voilée ouvre ses deux mains pour exprimer la salutation. Face à elle, sa cousine Elisabeth, la main droite maintenant son manteau, fait un geste d'accueil vers sa visiteuse. Les inscriptions dans les cintres désignent la mère de Jésus-Christ et celle de Jean-Baptiste. La partie inférieure de l'une et de l'autre figure manque.
Ces vitraux témoignent d'un art raffiné qui s'exprime en particulier dans la peinture des auréoles des deux femmes aux fins motifs de rinceaux enlevés dans la grisaille.

Empereur en majesté

Empereur en majesté

Cathédrale de Strasbourg
Dernier quart du XIIe siècle
Vitrail
208 x 100 cm

La suite des souverains du Saint-Empire, mise en place après 1176 et jusque vers 1200 dans la cathédrale, est le seul ensemble roman alsacien important qui nous soit parvenu. L'Empereur, longtemps considéré comme une représentation de Charlemagne, est le seul de cette série à être déposé au musée. Son emplacement primitif n'est pas connu. Des hypothèses le situe soit au centre de la façade ouest, soit dans l'axe du choeur oriental de la cathédrale romane.
Figuré sur un trône, le souverain nimbé porte les insignes du pouvoir impérial: sceptre fleuronné, globe avec une croix inscrite à l'intérieur et couronne fermée. La fixité et la frontalité du souverain confèrent au vitrail une solennité trahissant l'influence de l'art byzantin. La richesse de l'ornementation notamment des vêtements se rapproche davantage de l'orfèvrerie mosane. La tradition identifie ce souverain comme Charlemagne, mais à défaut d'inscription on ignore encore s'il s'agit d'Henri II ou de Charlemagne, tous deux canonisés au XIIe siècle, ou d'un symbole du souverain chrétien.
Par sa monumentalité et la qualité de sa réalisation, cette œuvre illustre la place prépondérante qu'occupait Strasbourg dans l'art du vitrail dès le XIIe siècle

Grande verrière avec Calvaire, Saint-Pierre, Saint-Maurice et la Vierge à l'Enfant

Grande verrière avec Calvaire, Saint-Pierre, Saint-Maurice et la Vierge à l'Enfant

Ancienne église Saint-Maurice de Mutzig, Bas-Rhin
Vers 1300-1310
Vitrail
390 x 170 cm

La verrière du chœur de l'ancienne église Saint-Maurice de Mutzig démolie en 1879 marque l'apparition d'un type nouveau de composition. Datée vers 1300-1310, elle est structurée de manière tout à fait neuve par de grandes compositions architectoniques dans lesquelles la surface réservée aux figures diminue considérablement. Les trois personnages du Calvaire, le Christ en croix entre la Vierge et saint Jean, s'intègrent dans une grande architecture peinte formant triptyque. Ils occupent, avec les figures des saints patrons, deux registres au sein de trois tourelles surmontées de gâbles, sur fond de mosaïques rouges et bleues. Sous les arcs des panneaux inférieurs, prennent place les figures de saint Pierre et saint Maurice, à cheval et en armure, ainsi que de la Vierge à l'Enfant. Celle-ci, venant d'une autre fenêtre de l'édifice, remplace saint Paul, probable pendant de saint Pierre dans la verrière d'origine.
Au XIIIe siècle, la diffusion des formes nouvelles apparues sur les grands chantiers strasbourgeois gagne un certain nombre d'édifices de la région. Cette formule sera reprise dans l'ensemble du Rhin Supérieur et jusque dans la région de Constance, au Pays de Bade et en Souabe.

 

Saint-Jean au Calvaire

Saint-Jean au Calvaire

Strasbourg
Eglise Saint-Pierre-le-Vieux
1er quart du XVe siècle
Vitrail
207 x 64 cm

Intégré dans une lancette en plein-cintre, le vitrail de saint Jean l'Evangéliste au Calvaire appartient à un ensemble daté du premier quart du XVe siècle. Il provient de l'église Saint-Pierre-le-Vieux de Strasbourg et prenait place au bas de la verrière d'abside.
Le saint, au pied de la croix, est représenté debout, les mains jointes, regardant vers le haut. La figure se détache sur une mosaïque de fond à résille oblique, bordée de feuilles de chou. Saint Jean complétait l'iconographie de la crucifixion. Son pendant, la Vierge, manque aujourd'hui.
Après la démolition du chœur de l'église en 1866, les vitraux encore intacts ont été offerts en 1884 à la Société pour la Conservation des Monuments Historiques d'Alsace, qui les déposa par la suite au musée.