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Actualité en une

Le MAMCS et l’Aubette 1928 accueillent le chorégraphe Gaël Sesboué

[Actualité | Musée d’Art Moderne et Contemporain]

   a. Projet     b. Gaël Sesboué     c. Programmation  (haut)

a. Projet

Cette résidence, qui se tient au Musée d’art moderne et contemporain (MAMCS) et à l’Aubette 1928 d’octobre 2016 à février 2017, propose une lecture contemporaine et vivante des collections du musée par le medium de la danse et porte un regard plus particulier sur l’oeuvre de Sophie Taeuber-Arp et de Jean Arp.


L’oeuvre de ces deux artistes entretient en effet des liens forts avec la danse. La danse est présente historiquement dans le contexte avant-gardiste d’émergence de leur art mais aussi dans les fondements esthétiques et modalités d’expression de ce dernier. Leurs pratiques artistiques plurielles, enclines à dialoguer entre elles, sont même parfois réalisées en duo : costumes, dessins, reliefs, collages, sculptures, broderies, poésie, danse, objets…


La naissance de Dada et la programmation du Cabaret Voltaire auxquelles ils participent activement donnent une place à toutes les formes artistiques, sans hiérarchisation : « A Zurich, désintéressés des abattoirs de la guerre mondiale nous nous adonnions aux Beaux-Arts. Tandis que grondait dans le lointain le tonnerre des batteries, nous collions, nous récitions, nous versifiions, nous chantions de toute notre âme. » (Jean Arp, Jours effeuillés).

« Pour le sens infini et les moyens définis » (Jean Arp, Jours effeuillés), Dada, libère dans un chaos primal et jubilatoire les corps et le verbe qui se prêtent alors à toutes formes d’expérimentations et de déconstructions.


Avant qu’ils ne se rencontrent à Zurich en 1915, Sophie Taeuber a étudié les arts appliqués à Saint-Gall, Munich et Hambourg et, grâce à son amie danseuse et chorégraphe Mary Wigman, elle a découvert la danse d'expression et s’y est initiée sous la direction du chorégraphe Rudolf von Laban, un des pères fondateurs de la danse moderne allemande. Son oeuvre, marquée par la géométrie et le rythme, noue ainsi une complicité avec la danse encore trop inexplorée aujourd’hui. De même, Arp, à travers sa recherche du mouvement et des métamorphoses des corps, ne peut laisser indifférents théoriciens et praticiens de la danse.


La sensibilité de Gaël Sesboüé pour un langage dénué de tout artifice et son attention portée au temps et à l’espace résonnent avec l’univers des deux artistes et leur quête d’un art élémentaire. Les réflexions du chorégraphe sur les mouvements centripètes et centrifuges qu’il prête à Sophie Taeuber-Arp pour les premiers et à Hans Jean Arp pour les seconds et qu’il qualifie de « complémentaires » et de « contradictoires » sont apparues pertinentes. De même, les liens qu’il a établis entre la structure corporelle et la construction sculpturale, autour des notions de colonne vertébrale, de points de rupture et d’équilibre sont essentiels à la compréhension des oeuvres des deux artistes.


Gaël Sesboüé a commencé par chorégraphier avant d’être interprète pour d’autres. Ses recherches s’articulent autour d’une mise en jeu rigoureuse des fondamentaux du corps dansant à travers le triptyque corps-espace-temps. Danseur et chorégraphe, auteur de plusieurs oeuvres, il fait le choix en 2007 de se consacrer en priorité au développement de la Compagnie Lola Gatt à Brest au sein de laquelle il crée plusieurs pièces scéniques et certains projets s’invitent dans des espaces autres, notamment dans des espaces muséaux et salles d’exposition. La danse y devient alors environnement ou installation comme à la Sidney Cooper Gallery à Canterbury, au Centre d’art contemporain Passerelle à Brest ou au Musée d’art moderne André Malraux au Havre.


La présence de cet artiste chorégraphique au MAMCS est envisagée comme une stimulation dans la mise en lumière des collections de manière renouvelée, tout en associant au travail de création et de production, les équipes du musée et le public. En effet, le musée souhaite accompagner l’artiste dans la création et la diffusion en lui proposant un nouvel environnement de travail et de recherche. Une création/performance qui tient aussi lieu de restitution finale aura lieu au MAMCS le 5 février 2017.
La médiation constitue également un enjeu important de cette résidence afin de favoriser des actions auprès de tous les publics ou d’un public spécifique le cas échéant. Gaël Sesboüé imaginera des outils, supports et/ou méthodes de médiation alternatives rapprochant pratiques chorégraphiques et démarches de médiation susceptibles d’être pérennisés. Il proposera au public de partager des démarches sensibles d’approche des oeuvres comme possibilité de décloisonnement et d’élargissement des relations esthétiques à la collection muséale.

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b. Gaël Sesboué

Gaël Sesboüé commence la danse en 1983 et se forme notamment auprès de Mirjam Berns, Carlotta Ikeda, Dominique Bagouet, Angelin Preljocaj, Régine Chopinot, Jean Cébron, Catherine Diverrès. Il réalise, dès 1985, une dizaine de courtes pièces puis entame, à partir de 1995, une carrière d’interprète et collabore ainsi aux projets de Geisha Fontaine et Pierre Cottreau, Tamara Stuart-Ewing, Christian Bourigault, Cédric Gourmelon, Christian Rizzo, Xavier Le Roy.

En 2007, il fait le choix de se consacrer en priorité au développement de la Compagnie Lola Gatt à Brest et créé les solos Body west end (2008) et An selm (2009), le duo Le champ (2010), le quatuor Relatives T (2011), les soli Grammes (2012), Le Gardien (2013) et GÊ (2014) et enfin le duo Sloth (2016) présentés notamment dans le cadre des festivals Ardanthé, Hors-saison, Faits d'hiver, Anticodes, Agitato, Avignon, Dañsfabrik, Kent dancing festival mais aussi dans différents espaces muséaux ou salles d’exposition.

Gaël Sesboüé ancre ses recherches et sa production dans une mise en jeu rigoureuse des fondamentaux du corps dansant à travers le triptyque corps-espace-temps. Il défend une approche minimaliste du mouvement aussi bien dans sa forme que dans son essence. C’est dans cette intersection qui articule un corps dessiné, abstrait, avec une ouverture subtile et retenue sur un imaginaire que se définit la spécificité de son travail de création. Toujours avide d’expériences et de rencontres, son parcours est largement traversé par la pluridisciplinarité et les « langages » de l’art contemporain. Cette plasticité est réinvestie dans ses projets et ateliers envers les publics – scolaires, universitaires, en insertion ou en situation de handicap. Lieux de transmission, de sensibilisation et de créativité, ces projets proposent aux participants une expérience sensible de l’avènement du réel entre espaces concrets, projections imaginaires et représentations symboliques.

Enfin, il développe depuis 2013 un intérêt pour de nouveaux champs de diffusion pour la danse et se concentre sur la présentation in-situ de projets performatifs en direction de la salle d’exposition et de l’espace muséal. Il travaille dans ce sens avec la Sydney Cooper Gallery à Canterbury, le Centre d’art Passerelle à Brest et le Musée d’art moderne André Malraux au Havre.

Les créations de la compagnie Lola Gatt sont soutenues par la Ville de Brest, le Conseil départemental du Finistère, la Région Bretagne et le Ministère de la Culture - DRAC de Bretagne.


Gaël Sesboüé
Cie Lola Gatt / 4 rue Ernest Renan 29200 BREST
+33 (0) 6 80 10 77 15 / info@lola-gatt.com

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c. Programmation

Dans le cadre de ce projet de résidence de plusieurs mois, Gaël Sesboüé débutera ce temps par une immersion au sein du MAMCS, de ses collections et oeuvres, de son équipe et de son public. Il souhaite déchiffrer ce qui caractérise le quotidien du musée afin de se saisir des enjeux artistiques et sociaux qui s’en dégagent et qui sont à même de produire du sens. 


Trois espaces « parenthèse » dans les collections lui seront dédiés sur le temps de la résidence :

  • Un espace d’exposition dans lequel sera présentée une sélection par Gaël Sesboüé d’oeuvres de Jean Arp ou Sophie Taeuber Arp
  • Un espace muséal se transformera en « studio de danse » : espace de travail mais aussi lieu d’échange avec le public dans lequel des captations de ses pièces seront vidéoprojetées.
  • Un espace de ressources documentaires (vidéos, livres) sur les liens entre danse et arts plastiques.

Des temps de rencontres/ateliers publics et spécifiques sont programmés tout au long de ces trois mois. De ces échanges ressortiront aussi le choix d’autres actions et modalités de présentation qui sont, à ce stade, encore en devenir.

 

Médiation
En termes de médiation, plusieurs pistes d’actions sont retenues :
En partenariat avec un médiateur ou une médiatrice du MAMCS, Gaël Sesboüé proposera des ateliers de découverte et de rencontre avec les oeuvres par la danse.
Trois types de rendez-vous sont proposés :

  • - Des rendez-vous publics pour adolescents/adultes intitulés « les rendez-vous dansés » proposés au MAMCS et à l’Aubette 1928. Durée : 2h
  • - Des rendez-vous famille durant les vacances scolaires intitulés « les petites formes dansées » au MAMCS (à partir de 4ans) De 14h30 à 17h00 en continu.
  • - Des rendez-vous avec des groupes spécifiques (dans le champ social, médico-social et associatif) organisés sous la forme d’un cycle en deux séances afin de proposer une approche plus approfondie et adaptée.

Temps forts
Parallèlement au travail mené en direction des publics, Gaël Sesboüé consacrera une partie importante de son temps de résidence à la création d’une pièce dansée in situ.
La restitution de cette création viendra clôturer la résidence le dimanche 5 février.
En tant que résident, Gaël Sesboüé a également choisi d’inviter Céline Roux pour une conférence sur les relations entre « danses performatives et pratiques plasticiennes ».
D’autres surprises viendront sans doute encore jalonner la résidence !

 

-> ATELIERS
« Les petites formes »
Mini-ateliers amusants et créatifs à vivre en famille (dès 4 ans) en lien avec les collections et les expositions des musées.
Tous les premiers dimanches du mois (jours de gratuité) et les mercredis des vacances scolaires

Les petites formes des vacances en famille
Mercredi 19 octobre de 14h30 à 17h en continu
« Les petites formes dansées » en compagnie de Gaël Sesboüé.

Les petites formes du dimanche en famille
Dimanche 23 octobre de 14h30 à 17h en continu
« Les petites formes dansées » en compagnie de Gaël Sesboüé.

« Les rendez-vous dansés »
Ateliers chorégraphiques destinés à un public ado-adulte, tous niveaux (débutant/confirmé).
Les samedis de 14h30 à 16H30 (selon calendrier et lieu ci-dessous)

Au MAMCS
Atelier « Les rendez-vous dansés » ados / adultes
Samedi 12 novembre et 17 décembre de 14h30 à 16h30
En compagnie de Gaël Sesboüé et d’un médiateur, un atelier pour découvrir une oeuvre, un espace de la collection par le corps en mouvement

À l’Aubette 1928
Atelier « Les rendez-vous dansés » ados / adultes
Samedi 5 et 19 novembre de 14h30 à 16h30
En compagnie de Gaël Sesboüé et d’un médiateur, un atelier pour découvrir une oeuvre, un espace de la collection par le corps en mouvement.

 

->  CONFÉRENCES ET RENCONTRES
À l’Auditorium des musées
Jeudi 2 février à 19h
Danses performatives et pratiques plasticiennes par Céline Roux.
Abordant la danse contemporaine française des vingt dernières années, il s’agira de décrypter en quoi et comment des projets chorégraphiques s’approprient ou partagent des référents issus des arts plastiques aussi bien dans les formats et les procédures que par l’appropriation d’oeuvres.
Docteur en Histoire de l’art, Céline Roux est chercheur indépendant, spécialiste des pratiques performatives du champ chorégraphique français. Elle est notamment l’auteur de Danse(s) performative(s) (L’Harmattan - 2007).
Conférence suivie d’un échange entre Céline Roux, Gaël Sesboüé et le public.


->CRÉATION/PERFORMANCE
Dimanche 5 février.
Gaël Sesboüé présentera en clôture de sa résidence une création in situ, nourrie de sa réflexion et de ses échanges avec les publics à l’Aubette et dans les collections du MAMCS.
Restitution au MAMCS.

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