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Le retour du grand cabinet XVIIIe au musée des Arts décoratifs

[Actualité | Musée des Arts décoratifs]

Avant-Après du Cabinet des Gobelins

 

Après des mois de restauration et l’hiver passé sous les ors du Château de Versailles, les strasbourgeois peuvent à nouveau admirer cette somptueuse pièce de mobilier.

 

Le grand cabinet du XVIIe siècle du musée des Arts décoratifs de Strasbourg, consenti en prêt dans le cadre de la prestigieuse exposition « Le 18e aux sources du design, Chefs-d’œuvre du mobilier de 1650 à 1790 » présentée au château de Versailles jusqu’au 22 février, vient de réintégrer les appartements du palais Rohan. L’exposition a présentée durant trois mois un florilège de pièces d’exception témoignages de l’excellence française et du caractère innovant  dans le domaine des arts du meuble au XVIIIe siècle. Le public a pu découvrir  le haut degré technique et le brillant savoir faire des ébénistes, menuisiers en siège, sculpteurs ornemanistes, bronziers, marbriers, marqueteurs de bois ou de pierres dures, laqueurs et autres représentanCabinet des Gobelins © Mathieu Bertolats de métiers d’art arrivées alors à un véritable apogée.

 
Afin de pouvoir figurer à Versailles, le cabinet de Strasbourg a bénéficié d’une restauration fondamentale grâce à l’importante participation financière de la Société des amis et des arts de Strasbourg. Ces travaux ont révélés d’importantes découvertes, parmi lesquelles une riche polychromie en trompe-l’œil de lapis-lazuli et de porphyre, qui ont permis de redonner de façon providentielle son état historique d’origine au cabinet, dorénavant un jalon indéniable dans la connaissance des cabinets parisiens de la fin des années 1600.

 

Le meuble conserve encore quelques secrets

 Cabinet des Gobelins © Mathieu Bertola

Bien qu’assez éloigné stylistiquement des cabinets encore très italianisants réalisés par Domenico Cucci aux Gobelins à la même époque, le meuble de Strasbourg illustre d’une manière éloquente la synthèse française qui s’est opérée dans l’ébénisterie parisienne des années 1670. Malgré certains de ses détails décoratifs évoquant les productions contemporaines de Cucci, il serait difficile en l’état actuel des connaissances de lui attribuer la paternité de ce cabinet. D’autant plus qu’au moment de sa création, plusieurs ébénistes appartenant aux milieux assurant  l’ameublement des maisons royales  exécutaient ce genre de cabinet enrichis de marqueterie de pierres de rapport.

 

Les motifs héraldiques ou allégoriques de bronze doré, présents en grand nombre, tendent à penser que ce cabinet a été réalisé pour un éminent personnage jouant un rôle important dans l’armée mais non encore identifié à ce jour.

 

Le cabinet a désormais retrouvé les appartements du palais Rohan et constitue la pièce maîtresse des prestigieuses collections du musée des Arts décoratifs.

 

 

 

 

 

 

Cabinet, atelier parisien, vers 1675.

Cabinet : Ebène, bois de violette, marqueterie de pierres dures, bronze doré, étain, verre, glace et corne teintée

Piétement : Bois sculpté et doré, partiellement polychromé.

 

 

 

Musée des Arts Décoratifs