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Daniel Buren. Comme un jeu d’enfant, travaux in situ

[Exposition | Musée d’Art Moderne et Contemporain]
14|06|2014-08|03|2015
Illustration de Daniel Buren. Comme un jeu d’enfant, travaux in situ

L'exposition Buren est prolongée
jusqu'au 8 mars 2015


Le Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg accueille pour six mois une exposition de l’artiste Daniel Buren.

Considéré comme l’un des artistes les plus importants de la scène contemporaine, Daniel Buren (né en 1938) est l’auteur d’une oeuvre plastique et théorique considérable dont l’apport le plus emblématique pourrait, très sommairement, se résumer à sa compréhension et son usage de la notion d’in situ. Après une rapide formation à l’École des métiers d’art, Daniel Buren questionne, tôt dans les années 1960, les limites de la peinture. Usant d’une grammaire réduite à l’essentiel, basée, dès 1967, sur l’utilisation de bandes invariablement espacées de 8,7 cm qu’il définit comme son outil visuel, Buren développe, depuis lors, une oeuvre d’une rigueur et d’une cohérence exceptionnelles, qui peut se lire comme une approche plurielle du contexte d’apparition des oeuvres.

L’exposition « Comme un jeu d’enfant, travaux in situ » présente deux nouvelles oeuvres conçues par Daniel Buren pour le Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg (MAMCS). Les deux oeuvres se déploient respectivement sur les 1500 m2 de la façade vitrée du MAMCS ainsi que sur les 600 m2 de la salle d’exposition temporaire. Le projet est constitué en deux parties, très complémentaires l’une de l’autre, offrant dans les deux cas la possibilité au visiteur de redécouvrir l’architecture et les espaces d’exposition temporaire du musée sous un nouveau jour.

Sur la verrière, ainsi que sur les grandes baies qui bordent la nef du MAMCS, Buren poursuit la démarche qu’il a engagée dès 1968 en travaillant in situ. L’architecture du musée (conçue par l’Atelier Fainsilber) est prise et comprise en l’état, la proposition de Buren consistant à magnifier cette vaste surface en travaillant lumière et chromatisme par le biais de films colorés apposés directement sur les vitres : l’introduction de « vitraux » dans cette grande « nef » de 25 mètres de haut est saisissante et modifie radicalement la vision de la façade emblématique du musée depuis l’extérieur, ainsi que la perception de l’espace intérieur.

Dans la salle d’exposition, complètement dégagée pour l’occasion, un paysage architecturé construit de façon régulière (selon un plan de trois carrés) et comprenant une centaine d’éléments de bois peint, s’offre à la déambulation du visiteur : tels un jeu de construction géant, les modules aux formes géométriques (parallélépipèdes, cylindres, cubes, pyramides, arches…) sont disposés dans la salle de façon symétrique. Les éléments installés dans la première moitié de la salle sont laissés en blanc tandis que les suivants jouent le jeu de la couleur. Les bandes alternées de 8,7 cm, emblématiques du travail de l’artiste, sont discrètes mais néanmoins visibles sur l’intérieur des modules en
forme d’arche. Une allée rythmée par des constructions de plus de 6 mètres de haut partage la salle en deux dans le sens de la longueur ; évidées en leur centre par un « oculus », les modules semblent constituer une lunette géante.

Daniel Buren réalise, avec cette double exposition, un travail in situ qui allie compréhension de l’existant et une proposition architecturale, voire sculpturale, affirmée.

 

L’exposition s’accompagne d’un catalogue qui présente une sélection d’oeuvres, de 1971 à nos jours, engagées dans un dialogue étroit avec l’architecture, incluant un texte de Marie-Ange Brayer ainsi qu’un entretien inédit de Daniel Buren avec Patrick Bouchain, Joëlle Pijaudier-Cabot et Estelle Pietrzyk.

Commissariat : Joëlle Pijaudier-Cabot, directrice des Musées de Strasbourg et Estelle Pietrzyk, conservatrice du MAMCS